Ventilox
Bien entendu la typo est provisoire.

Il y a un mois environs, ma cousine Julie - qui est une fille ultra sophistiquée, mais dont les plans sont parfois légèrement farfelus- est arrivée vers moi, a saisi mes p’tites mains de scribouillarde avec ses p’tites mains de productrice et m’a dit, les yeux dans l’eau et un trémolo dans la voix : « Prépare-toi… Le 16 Février on a une soirée Sex Toy ! »
Alors je me suis préparée. De tout mon cœur, de toute mon âme j’ai essayé d’être à la hauteur de cette soirée. J’ai arrêté le Nutella, j’ai repris le jogging (heu…commencé le jogging), j’ai fais des recherche sur le net pour être au courant des dernières innovations en matière de jouets sexuels et éviter de passer pour une débutante, j’ai même été jusqu’à revoir toutes les saisons de « Sex in the City » pour être certaine de savoir de quoi je parle…
Au bout de deux semaines, outre un léger traumatisme à cause de certaines photos vues sur Google, je me sentais encore moins prête qu’au premier jour.
Comment peut-on se préparer à une soirée Sex Toy ? Faudrait déjà savoir c’que c’est ! Est-ce que c’est un peu comme les soirées Poker des mecs ? Vous savez, quand on se réunit autour d’une table sous prétexte de jouer, pour finir par descendre une bouteille de Pastis et une de Ricard, en essayant de faire des petits tas avec les jetons multicolores, sans jamais réussir à bluffer ses adversaires parce que c’est trop jubilatoire de le dire quand on bluff… Est-ce qu’il faut bluffer dans une soirée Sex Toy ? Est-ce qu’on aura le droit de picoler ? Est-ce que je suis obligée de m’habiller sexy ? Est-ce qu’il y aura des garçons ? Et surtout, est-ce qu’on va devoir tester la marchandise sur place ?
Je vous l’ai dit : impossible de se préparer à ÇA ! La seule solution c’est d’y aller sans réfléchir.
À peine entrée dans l’appartement de la fille qui organise la soirée, une phrase me saute aux oreilles : « L’autre jour j’ai essayé les boules sous les testicules… » Tiens, y’aurait-il des mecs finalement ?
Mon espoir retombe assez vite quand je découvre l’assemblée réunie au salon autour d’une table basse qui croule sous le vin rouge et le Coca Cola Blak : Douze nanas, dont une blonde, une presque à poil, une presque saoule, quelques-unes presque timides et même pas une bouteille de Pastis. On dirait les douze apôtres attendant l’arrivée du Messie.
Le Messie, en l’occurrence, est une jeune femme noire assez canon, qui s’appelle Morelle et m’accueille d’un « Bienvenu la belle ! Ce soir c’est le Gode Power ! »
« Heu…merci…Ça dérange quelqu’un si je prends des photos pour mon Sblorf ? »
Elles me répondent « à tes souhaits », je prends ça pour un « pas de problème ». Ce nom de blog est décidément bien trouvé… Vous avez deviné qui joue le rôle de Judas ?
J’ai à peine le temps d’enlever mes chaussures que Morelle m’attrape par la taille, me tartine les lèvres d’un baume aux fruits de la passion et me colle un masque en dentelle sur les yeux ! Manque plus que la cravache ! Je me tourne vers ma cousine en quête d’une sortie de secours, mais l’aide ne risque pas de venir de son côté : elle est en soutif à résilles et envisage d’essayer les jarretières ! Il paraît qu’avant mon arrivée, les autres filles étaient toutes seins nus. Comme quoi, un p’tit retard de vingt minutes, ça peut vous éviter bien des situations embarrassantes… Les mecs, je vous entends d’ici jurer de ne plus jamais être en retard nulle part.
Sans trop savoir ce que je veux dire par là, je glisse à l’oreille de Julie : « Si j’avais su, je me serais habillée pour être à poil…
-T’inquiète, c’est leur « première fois » à elles aussi… »
Ma cousine a toujours su décrypter mon langage. Je me détends, j’avale un verre de vin en regrettant l’anisette et j’observe.
Morelle est debout au centre de notre groupe d’éberluées. À ses pieds trône une immense valise qui dégouline d’un bric à brac incroyable de lingerie, d’objets colorés, de boîtes aux étiquettes aguicheuses, d’éclats d’acier Bling-Bling qu’on peu mettre aux poignets. Elle sort toute une ribambelle de produits et les fait passer parmi nous. « Allez les filles ! On commence par le Soft ! »
Pendant une demi-heure, on essaye les huiles de massages mangeables – fraise, cerise, banane, chocolat !-, les lubrifiants parfumés, les crèmes « chaud et froid » pour des effets « dedans-dehors », les fluides torrides (« étalez-le, soufflez, votre mec brûlera d’amour pour vous! ») et bien d’autres merveilles mentholées et acidulées, adaptées aux vastes comme aux plus petites zones de notre anatomie… pour finir par le chouchou de ces dames (ou de ces messieurs ?), le « Baume du Gland ! Plus tu mouilles, plus tu l’actives ! » (Je laisse votre imagination travailler… Ne la laissez pas aller trop loin quand même – chez moi c’était carrément devenu Tchernobyl, mais j’ai tendance à imaginer le pire)
Morelle nous enduis les bras de ses drôles d’inventions et nous pousse à lécher. Pas question de se défiler, il faut goûter à tout ! Comme je suis disciplinée (et surtout, en pleine investigation pour le Sblorf), je fais comme les autres, je goûte. Au début c’est pas mal, mais ça devient vite écoeurant -surtout mélangé aux Pringles. Je ne sais plus quoi faire de mes bras, on dirait deux papiers tue-mouches tellement ils sont collants ! Sans parler de cette envie de vomir qui monte en moi… Est-ce que c’est la bougie que je viens d’avaler qui n’était pas mangeable ? Je ne suis pas la seule à saturer sur le « Soft » on dirait, y’a une fille qui a dû abuser du Fluide Torride parce qu’elle est rouge écarlate et s’évente le visage avec un bouquin intitulé « La sexualité pour les paresseuses ». (hop, dans mon panier)
Heureusement qu’une impatiente s’écrie « J’veux un Gode ! Les trucs qui s’lèchent, ça va deux minutes ! », sinon on aurait toutes fini aux chiottes en train de gerber le « Baume du Gland » (Oulala c’est vulgaire, ma pauvre grand-mère va en faire une jaunisse… on est bien au-delà des histoires de clitoris…)
Alors Morelle sort l’artillerie lourde et entame son prêche : « Passez les vibros les filles ! Passez les vibros !! »
Et nous passons les vibros ! Y’en a de toutes les couleurs et de toutes les tailles, pour les petites et pour les éléphantesques, pour l’extérieur, l’intérieur, le clito (le revoilà !), y’en a avec télécommande et y’en a même un qui se branche sur I-Pod et qui vibre en musique, mais surtout, y’a la collection des Gode Astrologiques ! Douze signes pour douze nanas amusées par le côté ludique des joujoux. « Qui c’est qui est Balance ? Et qui c’est qui est Scorpion ? Qui veut le vibro-Vierge ? Putain, il est flippant le Cancer ! Moi j’suis Lion ! J’veux le Lion ! »
Il en faut pas plus pour exciter les filles, un peu d’astro, quelques jouets à poser sur leur baignoire à côté du petit canard et surtout la certitude qu’aucun mec ne les observe.
J’en ai oublié le Pastis, l’heure et la pudeur, j’organise une baston de vibro avec ma copine Dorothée. Les boules de Geisha (« Stop pipi sans se prendre la tête ») font des frondes idéales !
Et tout à coup, notre Gourou brandit le Corps du Christ, LE vibro ultime : le Bayo ! Celui qui veut dire “super puissant” en dialecte Africain ! Il est d’un rose divin, sa gamme de vibrations est illimitée, il se recharge comme un portable et, fin du fin, il tourne sur lui-même !
“Attention ! Celui-ci est dangereux… Il crée une réelle addiction… Quand je couche avec mon mec ça m’arrive de lui gueuler : bah vas-y ! TOURNE !! »
Je ne sais pas si c’est l’allusion à un mec réel ou si c’est l’effet Bayo, mais les jeux se calment et on entame les négociations. « Combien pour le Sagittaire, c’est pour une copine… ? Et l’huile comestible, combien ? Tiens, j’avais oublié les sous-vêtements déchirables…combien ? »
Je suis un peu déçue par mes camardes qui nous font promettre de ne rien raconter de cette soirée - faudrait pas qu’on soit au courant de leurs achats… Promis les filles, j’en parlerai à personne…
Chacune de nous est repartie avec un sac rempli de nouveaux joujoux et un grand sourire aux lèvres.
Le seul point commun entre les soirées Sex Toy et les soirées Poker, c’est que tu repars plus pauvre qu’en arrivant !
Si ça vous tente, Morelle a un stand au Printemps Haussmann. Quand vous la verrez, criez-lui « Gode Power » ! Elle saura que vous venez de ma part…
J’ai volontairement évité de trop montrer les filles. Elles m’auraient assassinée !
Yo salut à vous chers(es) gentil(les) lecteurs(trices), alors voici le concept, l’idée le bazar quoi: A toi d’imaginer, d’inventer la suite de ce dessin, que va t’il donc se passer?? Proposes ton idée et apres je choisirais laquelle est la plus rapide et facile à dessiner, euh je veux dire laquelle c’est qui m’inspire le plus quoi tavu. Tu auras donc ton idée dessinée par mes propres mains!Incroyable non…Bon je trouve l’idée marrante alors vas y lache toi cousin(ne)!

« Aï ! » s’écria le soldat Huong en Vietnamien lorsque le moustique la piqua sans tiquer. Puis elle ajouta « Mey kip ! » - ce qui veut dire « putain ! » à Saigon.
Quoi ? Vous êtes perdu ? Mon ellipse est abyssale ? P’tits joueurs… Bon, je résume : Nous sommes en Camargue ; pour l’instant on ne peut pas dire qu’entre elle et moi ce soit le grand amour et il en va de même entre soldat Maman et son voisin guerrier. La tension monte dans les marécages. Les crocodiles frissonnent sous leurs carapaces et j’vous parle pas de Sarkozy dans le freezer.
Alors là vous êtes complètement largués ? Normal, tout ça n’est pas encore arrivé, ça appartient à votre prochaine réincarnation…
Donc, pour venir en aide au soldat Huong, je lui file une grande claque et j’écrase ce misérable moustique vicelard, tout en lui dessinant ma main en rouge-écarlate-éphémère sur l’avant-bras.
« Mey Kip Lola ! Tu viens peut-être de tuer l’un de tes ancêtres !
-Quoi ? J’ai pulvérisé mon grand-père d’une simple claque adroite lui qui était de gauche ?!
-Ce que tu as fait est maaaal. Tu n’es pas prête à te réincarner en homme…
-Ça tombe bien, j’compte pas me réincarner tout de suite, j’ai déjà plein de choses à faire cette semaine. Et puis j’ai promis de faire don de mon clitoris à une copine, faut choisir entre…
-Tu n’as rien à choisir petite insolente ! Si tu as accompli assez de bonnes actions, SI tu as été juste envers tes frères humains, SI malgré les tentations et les attraits du « mâle » tu es parvenue à faire le bien, alors peut-être qu’après six vies passées en femme, en animal, en plantes, en Tith Chô (viande de chien) et même en handicapée, oui, seulement alors, peut-être que SI tu as été une femme potable, tu te réincarnera en homme !
-Hum… Tout ces si pour un moustique ? »
Tandis que le paysage défile sous les roues de la bagnole et que la bagnole défile sur les pattes des crocodiles, Soldat Huong m’explique qu’en tant que femmes on n’est pas arrivées au Nirvana. Pour Bouddha, c’est à peu près aussi glorieux que d’être un poulpe ou un lama borgne.
« Mais y a bien pire que la femme, y a l’handicapé. » Au Vietnam ils ont coutumes de dire que les handicapés ont mérité leur sort, que c’est leurs mauvaises actions passées qui leurs reviennent à la gueule, comme un boomerang… Alors du coup ils se moquent d’eux : « Hé hé, t’as vu le mec à deux doigts ? Il a dû voler un bœuf dans son ancienne vie ! Mate un peu l’aveugle là-bas, qu’est-c’qu’il a dû tromper sa femme ! »
Destins communs, punitions divines, même « péchés » pour les générations Agent Orange… ? J’adore mon soldat Huong et j’adore le Vietnam (j’y suis quand même allé quatre fois), mais là je fais opposition : C’est ça le Bouddhisme ?! Je croyais que c’était Amour, Harmonie et Transcendance ? Finalement, c’est comme avec l’autre là, Jésus, c’qui t’arrive de bien c’est grâce aux Dieux et les galères c’est de ta faute, tu les as bien méritées ?! Tout ça pour quoi, pour avoir la chance d’être un homme dans ta dernière vie ?
Pour aggraver mon karma -et un peu à cause des tournants Camarguais-, j’ai vomi sur soldat Huong, ça a débordé sur soldat Domi, son amoureux qui n’a rien dit depuis le début de cette histoire, alors que dans la vie il est très bavard et très drôle, mais on ne peut pas laisser tout le monde s’exprimer en même temps, sinon c’est l’anarchie et soldat Thierry sera jaloux parce que lui aussi a son mot à dire, mais au bout du compte c’est moi qui commande !
Excusez, je m’emporte. C’est les virages.
Dans une église où je m’étais perdue en quête d’un mouchoir pour essuyer mon jean, je tombe sur la propagande de Nicolas Sarkozy : une jolie petite carte représentant la campagne Française. Lui, au premier plan, avec une épaule fuyante, sans parler du sourire. Derrière : de l’herbe. Pas un kiddam, ni un hameau. Nada. Juste une espèce de mouette qui plane au-dessus d’un slogan hyper second degré « Ensemble, tout devient possible »… Ensemble ? C’est marrant, il a plutôt l’air tout seul, avec juste un oiseau pour nous chier dessus…
Bof, ça ira pour essuyer mon jean.
Pour clore cette journée pleine de révélations Bouddhiques, on fête l’anniversaire du soldat Maman dans une maison au milieu des marais. La femme qui nous invite est complètement timbrée mais hyper sympathique, elle finit par pousser la chansonnette avec son chien sous la pleine lune.
L’alcool coule à flot, j’alterne shot de liqueur de prune et vin rouge. Je commence à trouver la Camargue ultra cool. On rentre tous bourrés mais c’est pas grave parce qu’en Camargue y’a pas d’obstacle.
Pour rire un peu et me souvenir de mon enfance, je me jette sur la balançoire qui me fait de l’œil depuis hier.
À croire que mon enfance est bien lointaine : j’ai oublié comment on fait de la balançoire ! Je dévie sur la gauche et me fracasse l’épaule et l’omoplate contre un poteau qui borde le champ voisin. Comment on peut se fracasser l’épaule ET l’omoplate en même temps ? Je sais pas, j’suis saoule. L’effet flipper peut-être…
Je rentre en titubant vers l’hôtel. Putain, déjà que j’étais une fille, manquait plus que je sois handicapée ! L’alcool me rend superstitieuse : je colle Sarkozy dans le freezer.
C’est un rituel vaudoo africain – tu mets la photo de quelqu’un au congélo et ça le neutralise… Espérons que ça marche, si je meurs de mes blessures cette nuit, j’aimerais pas me réincarner en Sarko…
J’préfère encore revenir en moustique femelle aveugle avec seulement deux doigts !
Je crois que je peux le dire aujourd’hui : J’ai « fait » la Camargue !
J’ai « fait » la Camargue comme les GI’s ont « fait » le Vietnam, comme les Franchouilles ont « fait » l’Algérie – j’ai « fait » la Camargue comme une petite Parisienne en province.
Et ouais les mecs, je reviens de la guerre et j’ai survécu !
On était parti en mission repérage. Un escadron de cinq désaxés lâchés en terres hostiles. Quoi ? Vous trouvez que j’exagère ? Allez-y et vous rigolerez moins. La Camargue c’est tellement plat, y’a tellement pas d’arbres, ni de vie verticale que quand tu demandes ton chemin à quelqu’un il te répond « À gauche après le nuage de moustiques ». Démerde-toi avec ça, parce que les nuages de moustiques c’est pas c’qui manque là-bas. T’en mange en te baladant, t’en mange en dormant, t’en mange en tchatchant, et quand t’en as assez mangé, que tu commences à te sentir ballonné par cette bonne petite bouffe, et ben t’en mange en vomissant. Si t’es pas mort parce que t’as choppé le Palu.
Les moustiques en Camargue, c’est pire que les Vietcong. T’es obligé de tomber dans l’alcool - et si, comme moi, t’étais déjà plutôt bancale, la chute est encore plus rapide. Bah oui, faut boire pour oublier la Camargue, ses insectes hystériques, ses marais boueux, grisâtres et humides comme une chambre à Da Nang. Le seul point positif, c’est quand tu rentres bourré sur les routes, tu risques pas de te prendre un obstacle, y’en a pas.
Et dire qu’à un quart d’heure y’a le Lubéron.
Comme ils disent là-bas : Il faut la mériter la Camargue ! Tu m’étonnes… C’est un peu «Pas d’bras, pas d’chocolat » : Pas de cuirasse anti-moustiques, pas d’amour pour les paysages-rien-du-tout, pas de Camargue ! Zut, moi qui comptais m’y installer…
Le pire c’est que c’est hyper Mafieux. Le soldat Maman avec qui j’étais en mission subit la folie Camarguaise depuis deux ans. Quel est son tors mon Commandant ? Elle a voulu faire une jolie maison, avec des moustiquaires et de chambres d’amis (c’est son côté sadique, inviter des amis dans cette région…), mais son voisin est fou et il a mis des barbelés partout. Peut-être qu’il a attrapé la Dengue ou la fièvre jaune à force de traîner dans la boue et les chevaux… Ça expliquerait qu’il construise un barrage pour empêcher soldat Maman de rentrer chez elle ? Ça expliquerait qu’il lui interdise l’accès à sa propre grange et qu’il lui colle un procès sur le dos, avec comme ligne de défense « elle est Parisienne, berk ! » ?
Les maladies ça explique beaucoup, mais pas tout. La connerie ça se soigne pas par anti-biotiques.
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Pour comprendre le titre, connaitre la suite de la Mission Camargue et surtout savoir quelles sont vos chances de vous réincarner en moustiques, suite au prochain épisode…