Miami comme si j’y étais.
Alors voila les p’tits loups, j’ai fuis, heu… j’ai filé à Miami pour le mariage d’un pote qui se marie. Logique.
Quelle idée de se marier me direz-vous? Bah oui, quelle idée! Surtout à Miami et avec une vieille dame quasi ménopausée. Sa future femme a la cinquantaine et lui la trentaine… Quelle débauche ! Mais bon, s’ils s’aiment ? Oui, « s’ils s’aiment » et si les chaussettes de l’archi-duchesse nanananananère. Hum. Laissons les courir comme des poneys sauvages en liberté sur la plage baignée par les rayons du soleil couchant qui descend en Slow Motion sur les nappes de pétrole flottant à la surface de l’océan ! Oui, laissons-les courir… C’est pas le refrain d’une chanson de Jo Dassin ça ?
Le côté positif c’est qu’ils culpabilisent tellement de nous faire venir en Floride qu’ils nous payent à tous le billet. Généreux, hein? Pas comme Nico qui va épouser Clémence en juin à Noirmoutier et qui n’offre même pas le gîte et le couvert et le billet de train et la carte 12/25 et la robe neuve et les talons aiguille. Rien. Nada. À peine le champagne et une fiesta d’enfer pendant deux jours… Quel rat ce Nico ! Et c’est pas Débiche qui me contredira.
Donc, Dabrovitch se marie avec Fourmi-ridée (nous l’appellerons ainsi pour préserver son intimité) et il paye le billet à ses amis. Heureusement, il n’a pas beaucoup d’amis. Il a moi. Les autres le rejettent à cause de son « infirmité » : après chaque repas ses lèvres se mettent à gonfler dangereusement ; d’abord celle du haut, puis celle du bas. L’humanité est cruelle n’est-ce pas ? Repousser quelqu’un pour un détail physique insignifiant… Bon d’accord, quand ça commence à gonfler c’est carrément angoissant, mais après ça s’équilibre et on dirait juste qu’il s’est injecté du Botox dans l’appendice buccale. Ou qu’il s’est transformé en femme-plateau.
Pour tout dire, à son mariage je ferai office d’amie, de témoin, de marraine de leurs futurs enfants (dépêchez-vous, la génétique a ses limites), d’unique conseillère et surtout de détentrice de secrets ultra confidentiels. Pourquoi ce traitement de faveur ? Et bien, parce que c’est moi qui les ai présentés. Évidemment, j’ai caché le détail de la lèvre qui gonfle à Fourmi-ridée -manquerait plus qu’elle le plante devant l’autel. Il était grand temps que Dabro sorte avec quelqu’un de majeur et Fourmi-ridée – malgré ses problèmes d’incontinence- lui apporte stabilité et mesure.
Voilà pourquoi je me trouve à Miami, pays des deux flics, des vieux fachos, des palmiers et des Orangs-outangs –des OURAGANS, j’arrive jamais du premier coup !
Comme il voulait faire les choses en grand, notre tourtereau a mis le paquet : buffet froid avec sushi décongelés-recongelés, sosie d’Elvis en guise de Juckebox (son épouse en est fan et lui est fan de son épouse) et après la cérémonie, soirée porte ouverte à toutes les maisons de retraites du coin –parce qu’il faut bien s’intégrer.
Je sens que ça va swinguer !
Espérons que Fourmi-ridée ne s’aperçoive pas du guet-apens avant de dire « I do » - j’aimerais pas être venu jusqu’ici pour que dalle. Il va falloir empêcher Dabrovitch de goûter aux petits-fours pour que sa lèvre se tienne tranquille…
Pfff, être témoin c’est quand même vachement de responsabilités !
Manquerait plus que Miami soit ravagée par un orang-outang…








