Tabarnak!

La vie en gros.

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Ici Papa Tango Charly !

Mayday ! Mayday ! À moi ! Au s’cours ! Il se passe quelque chose de grave !

L’autre jour, j’étais à califourchon sur ma fenêtre, concentrée sur la parade amoureuse des pigeons, quand un P’tit Homme m’a mise dans sa valise et posé la valise dans un train : direction Finistère.

La fin de la terre… Le pays du ciel anthracite, des embruns qui viennent saler vos lèvres ; celui des contrées qui chantent Kenavo, Kerarmel, Plouezoc’h, Korrigan et autre Ker-kekchose ; le bout du bout, un dernier rocher et puis la mer…

Il faut être farfelu pour introduire une Parisienne en Bretagne. J’y connais rien moi, aux crêpes et aux bateaux - à part que les deux me filent plus ou moins la nausée. Homards, amarres, bottes en plastoc et éprouvettes à crevettes… Qu’est-ce qui se mange, qu’est-ce qui pue la marée ? Je suis loin d’être équipée pour partir à l’assaut des tumulus, avec mes tennis de citadine et mes poumons tout pollués. Qui, à part une Parisienne, est capable de confondre le cidre et le Canada dry ? Heu… qui, à part moi ?

Donc, la gamine de Montparnasse est debout face a l’Atlantique - qu’y a-t-il de si grave me direz-vous.

Est-ce le vent qui souffle et décoiffe mes idées ? La bruine qui se dépose sur mes cils ? Ici ça cingle, ça tonne, ça crache ! Je mets le pied dans la vase, j égratigne mon jean sur les canines rocheuses. Les rafales de sel testent mon équilibre instable d’enfant du bitume… Et pourtant, ce n’est pas ça qui cloche, la n’est pas la catastrophe -si je n’avais pas peur de passer pour une mauviette, je dirais même que j’aime la Bretagne…

Le Vrai problème apparaît a la pause loukoum : après une journée de balades au bord des falaises et de goinfrage méthodique pour remplumer mon P’tit Homme, on s’installe au salon et je tombe sur le magazine 20 Ans de 2004, Spécial grand test de l’été : Avez-vous une belle âme !

“Etes-vous comme Angelina Jolie, prête a adopter tous les enfants d’Asie, ou plutôt du genre Ben Laden, à faire joujou avec des avions ? Blanche-neige ou Vieille sorcière qui pue ?”

Je sens que je vais cartonner à ce test, j’ai quand même pris soin d’une tortue pendant longtemps avant qu’elle meurt desséchée sous le radiateur ; j’ai une âme tellement sensible que le moindre téléfilm d’M6 me fait pleurer comme une madeleine.

Première question, répondez par oui ou par non : “Vous allez en boite de nuit uniquement pour trouver de la chair fraîche à vous mettre sous la dent ?”

(Ils essayent déjà de me feinter… Réponse :Non.)

“Vous vous sentez coupable de la faim dans le monde ?” (heu…pas trop) “Vous avez déjà trompé quelqu’un ?” (pff, c’est quoi ce test idiot…) ‘Vous dites toujours merci au serveur ? (Oui !) Vous ne voulez pas révéler à vos copines l’emplacement du point G, par peur qu’elle en profite plus que vous ? (oui…) Vous aimez faire des cadeaux ?(mouais) Vous aimez les dimanches en famille ? (Et puis quoi encore !) Vous tolérez les homosexuels ?(hein ?!) Vous n’avez que des amies filles (quel rapport avec l’âme ? Si je dis non, ça fait mauvais genre ?) et enfin, “Si vous échouiez sur une île déserte, laisseriez-vous votre tour au plus faible pour manger le capitaine ?”…….Non.

Fastoche ce test ! Toute fière de moi, je compte les points, certaine d’avoir une âme bien au dessus de la moyenne… Un, deux, douze, seize… et bien figurez-vous qu’en dessous de 30, vous n’avez pas une belle âme, ni une âme moche, même pas une petit âme mal fichue, non, selon le test de l’été 2004 : VOUS N’AVEZ PAS D’AME !!

Alors comme ça, en Bretagne je n’ai pas d’âme. Rien, le vide, un gros trou noir entre le cœur et la cervelle, la ou normalement se trouve l’éponge palpitante qui me sert a vibrer ? A croire que la nature me rend mauvaise.

Si c’est comme ça, vive Paris ! Vive les âmes polluées et stressées, les âmes-macadam aux formes Haussmanniennes ! Mon P’tit Homme, j’veux rentrer a la maison ! Mon âme me manque depuis que je l’ai perdue !

Et pourtant… c’est bizarre… quand je te regarde je sens quelque chose qui chatouille au fond de mes entrailles. Est-ce qu’il m’en resterait un p’tit bout ?

OLD SCHOOL

ouais yo ça pulse. Alors voila j’ai retrouvé deux vieilles photos du poto Siegfried et moi meme et ça m’a fait bien marrer, alors jme suis dit tiens jvais aller les mettre sur le site bon diou, parceque j’assume et parceque je sais que ça va bien faire chier le pere Six et parceque ça me fend la poire de le faire chier.

Alors tavu cetait nous à l’epoque ou y’avait pas internet mais des minitels, à l’epoque où y’avait pas de telephone portable mais des cartes telephoniques, à l’epoque où y’avait pas de windows mais ms-dos, à l’epoque où y’avait pas de dvd mais des disquettes, à l’epoque où y’aait pas d’appareil photos numeriques mais des bidules jetable, à l’epoque où les filles mettaient encore des jupes, à l’ epoque où y’avait du soleil l’ete et où les gosses de 13 ans avaient pas la barbe du captain igloo tellement qu’on a mis de saloperies dans leur corn-flakes, à l’epoque où y’avait des accents, ouais mec à l’epoque ou on pouvait fumer de l’herbe de provence dans du carton et où l’alcool fort coulait à flot.

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Siegfried à gauche (grunge authentique, moi et un painco)

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hips

LTFW

Dérivé audacieux du célèbre RTFM, je pense faire désormais de ce signe barbare mon cri de guerre officiel. Que mes clients tremblent car maintenant, à chaque demande stupide, à chaque remarque ridicule, à chaque tentative de me faire faire une modification hideuse sur une page déjà retouché cinquante fois, je leur flinguerais l’oreille interne avec mes lettres magiques.

En quatre lettres comme en cent : Listen The Fucking Webmaster.

Ouais parce que mon boulot principal pour ceux qui ne savent pas c’est de faire des sites Internet. Hors, je pense que tous mes collègues webmaster vous le confirmeront, l’ennemi numéro un de notre profession c’est le client. Le client qui sait tout. Celui qui connaît Internet mieux que vous. Le gars qui se prend pour Bill Gates car il a déjà réussi à mettre une page web en ligne en utilisant Word (si si, c’est malheureusement possible de faire des sites sous Word, tout comme il est possible de pratiquer le jardinage avec un tractopelle ou la sculpture grecque avec un marteau piqueur).

Et malheureusement ce client la, c’est en fait 99% de MES clients. Je ne sais pas si c’est une sorte de malédiction qui m’aurait touché à la naissance mais il semblerait bien que dans mon domaine professionnel, je sois une sorte d’aimant à gros con. Si y’en a un qui tourne dans un rayon de trois kilomètre avec un projet bien pourri et un budget de crevard, il va me trouver aussi sûrement que mon collègue de cave trouve un KFC les yeux fermés.

En fait c’est même un sujet tellement vaste que ça mériterait que j’y consacre plusieurs chroniques. A raison d’une tous les trois mois, ça m’occupera facilement une année, voir jusqu’au cinquième anniversaire du Sblorf (c’est Lolita qui va être contente).

Mais avant d’en arriver la, je me contenterais aujourd’hui de vous parler de Robert. Robert c’est mon ami imaginaire à moi. Une monstre difforme composé des pires aspects de mes pires clients et qui me coure après dans d’atroce cauchemar. Souvent un nuancier pantone à la main et une boite du logiciel FrontPage dans l’autre. C’est l’enfer, d’autant plus que Robert est aussi présent quand je suis réveillé.

Généralement, je le croise dès le matin car il m’a laissé de façon subtile treize messages sur mon portable, dont un de trente minutes. Puis sur mon email ou il me demande si ça lui coûterais plus de 100 euros que je lui fasse un site équivalent à Ebay (après tout ça a déjà été fait suffit de le recopier quoi).

Mais le pire c’est que des fois je dois l’affronter en vrai. Dans ces cas la j’évite de laisser à porté de main des objets contendant. Je serais trop vite tenté, dans un réflexe d’autodéfense bien compréhensible de lui fracasser le crâne au moment où il me donne sa vision très personnelle de la charte graphique idéale.

C’est d’ailleurs l’occasion d’aborder son plus gros défaut. Généralement Robert ne sait pas écouter. T’as beau lui expliquer que foutre un fond rose avec des caractères vert fluo c’est illisible, que son logo ressemble à une couille défraîchi et qu’une animation flash de 15 minutes en intro d’un site de e-commerce c’est comme si monoprix murait toutes ses entrées pour que ses clients soit obligé de rentrer par la fenêtre des chiottes, y’a pas moyen de le convaincre (cette phrase est longue mais bon, what the fuck).

La seule solution pour ne pas devenir fou c’est au final de sortir sa plus belle palette de couleur fluo, cinquante mille ligne de code javascript, et pour les cas les plus graves un cd-rom de gifs animés qui rendra le site internet aussi accueillant que la foire du trône avec six grammes d’alcool par litre de sang.

Si j’avais pas des besoins alimentaires qui coûtent cher (quatre kilos de kinder bueno par jours et deux litres de burn) je réinvestirais l’intégralité de mes recettes dans un programme novateur destiné à faire prendre conscience à mes clients qu’ils ne connaissent pas mon boulot mieux que moi. Genre un passage à tabac par deux finalistes d’ultimate fight spécialistes du brisage de genoux à grand coup de pied de biche et qui gueuleraient sur un air de samba : LTFW !

Blaguons un peu

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