Quelques croquis

Quelques croquis vite fait au feutre assis sur ma chaise dans un putain de stand au beau milieu d’un putain de salon pendant la putain de journée.

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J’irai cracher sur les pervenches du Montparnasse

Pfft ! Scrrouppouit ! Splourrtsch !

Qu’est-ce que je fais ? Et bien je crache du haut de mes quatre étages voyons. Pourquoi ça ? C’est une longue histoire… Nan, en fait ce n’est pas une longue histoire, mais bel et bien une histoire à rendre dingue. Je fumerais bien une petite clope en vous la racontant, hélas, j’ai enflammé mon paquet et l’ai balancé par la fenêtre, dans l’espoir qu’il foutrait le feu à mon pire ennemi -celui qui me rend folle depuis des mois, celui qui m’empêche de dormir en paix : le scooter abandonné sur mon parking à scooter !

C’est mal, je sais, il ne faut pas cracher sur des inconnus, ma mère me l’a répété toute mon enfance, mais là c’est un cas de force majeure. C’est ça ou je balance carrément mon pavé – avouez que ça serait con de gâcher un pavé pour une cause aussi futile; alors je crache. Au moins, la salive, j’en ai en réserve.

Tout a commencé en décembre dernier, à mon retour de Londres. L’un des deux « pires retours » de ma courte vie. J’étais fraîchement célibataire, fraîchement brouillée avec ma maison d’édition Québécoise, et salement désespérée. Heureusement, je retrouvais mon scooter. Bon, ok, j’avais plus de mec à poser à l’arrière de ma selle, plus de mec à faire flipper en roulant comme une tornade, même plus de mec pour le faire démarrer au crique quand la batterie capotait… mais au moins, j’avais une belle place pour le garer, juste sous mes fenêtres.

TU PARLES ! Ma place habituelle était occupée par un gros scooter gris. Au début, j’ai rien dit, parce que je ne savais pas à qui me plaindre, et pis tout le monde se serait rendu compte à quel point je suis maniaque. J’ai juste pensé « patience la mouche, demain le propriétaire du scoot va aller au boulo et comme tu bosses pas, tu lui piqueras sa place ! » (Odieuse ? Mouais, un peu.)

Alors j’ai attendu toute la journée, assise sur mon rebord de fenêtre, à guetter les allers venus de mon immeuble. J’ai vu des jeunes sortir avec des bouteilles vides, des vieux en canne, des chiens en laisse, des livreurs de pizza et même l’ado du 8ème rouler un patin à une blonde - mais pas une seul fois le scooter n’a bougé. Le lendemain, idem, l’ado galoche une rousse et le scooter squatte toujours ma place. Le mec doit être en vacance à Bali, il reviendra sûrement début Janvier… En attendant, je me garerai sur le trottoir à côté.

Au fil des mois cette histoire a pris des proportions dans ma vie. À chaque fois que je rentrais, je voyais cette chose inutile échouée sur ma place et j’accumulais la rancune… Jusqu’au jour où j’ai pété un plomb. Ça a commencé par des petites choses que je lui balançais du haut de mes fenêtres - un reste de saucisson tout dur, des rouleaux de PQ vides, des croûtons de pain rassi, et puis, un soir un peu trop arrosé, j’ai carrément pété le pare-brise!  Fallait pas me piquer ma place face au cimetière. Depuis, c’est l’engrenage infernal, à chaque fois que je me gare sur le trottoir, j’arrache l’assurance, défonce la selle, bugne les phares et shoote dans les pneus. Je le pousse, le frappe, le bouscule, mais il est toujours là, à me narguer avec ses petits rétroviseurs vicieux !

En Mai, j’ai collé un sticker “Anti Sarko” dessus pour provoquer les flics - tu parles, ils n’ont même pas mis un PV pour incitation à la liberté. Toutes les nuits j’espère qu’on va le voler, j’ai même demandé à mes potes s’ils ne voulaient pas se dévouer pour casser l’antivol et récupérer un superbe scooter gris avec couverture chauffante, mais ils sont tous en Vélib’ ces trouillards!

Depuis trois semaines, j’ai trouvé un nouveau système : chaque soir, j’arrache la selle entière et la fout à la poubelle face à l’immeuble. Comme ça, les gens se rendront compte qu’il est abandonné et ils le dénonceront aux flics… Le problème, c’est les éboueurs : chaque matin c’est la même chose, je retrouve la selle exactement à sa place, sur le scooter ! Je crois qu’ils veulent me rendre barjo !

Pour tout dire, j’ai presque oublié la raison de ce bordel, de cette lutte incessante contre mon ennemi. Il ne s’agit plus de place de parking, c’est devenu une question d’honneur.

On est en septembre et le gars n’est toujours pas rentré de Bali. À mon avis il s’est fait kidnapper par un tsunami, ou peut-être qu’il s’est engagé dans la secte des illuminés qui abandonnent leurs scoot juste là où ça emmerde les autres.

Pendant ce temps, à Paris, y’a une fille normale qui se transforme en vieille réac. Je deviens complètement hystérique à cause de ce scoot. Comme si c’était important d’avoir un endroit plutôt qu’un autre pour garer son deux roues, comme si c’était déjà pas mal d’en avoir un ! Non seulement je deviens matérialiste, je bousille l’écosystème de ma rue en balançant toute sorte de choses dégueues, pire - je détériore le bien d’autrui. Je suis devenue Hooligan ! Il faut absolument que je trouve un moyen de me débarrasser de ce truc , sinon c’est pas lui qui va finir amoché, c’est moi qui finirait laide comme une affiche de l’UMP !

Vous vous demandez si cette histoire nulle a une fin heureuse? À vous de juger : l’autre jour je reçois par la poste une lettre des Trésor Public contenant une amende de soixante quinze euros pour “Stationnement gênant sur trottoir, passage ou accotement réservé aux piétons”.

Quel trottoir? Celui d’en bas de chez moi !

Cot cot

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Le radeau de la méduse

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Marshmalone

Violent memories

Bonjour les gens, voici la couverture (sans la typo) de la pochette que j’ai réalisé pour l’ami Zorch qui va bientot sortir son album chez Manic Depression, et meme si tu aimes le ukulélé tu peux voir tout ça ici: http://camp-z.com/

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