Le coup de grâce
A seulement 3 jours du réveillon et de toutes les promesses de bonheurs que la nouvelle année nous apporte (attentats, viols de poneys, Sarkozy en string dans une vidéo amateur avec Carla sur youtube etc…) il vous reste une chose importante à faire: Voter pour que Lolita devienne MissSpace 2008! Le mode d’emploi:
- Aller sur http://www.missspace.net/miss2008/r-auteures-7-lolita-sechan-53.htm
- Lui donner la note de 5 (menu déroulant sous la photo atroce de vos trois serviteurs)
- Eventuellement consulter le classement et donner de mauvaises notes à toute ses concurentes
C’est ce qu’on appelle le coup de grâce, quelques heures avant la clôture du vote. C’est pas sympa, mais tant qu’à faire, autant finir l’année sur une petite fourberie histoire de bien commencer la suivante…
JMV POWA’ !!!
Ceci se passe de tout commentaire… Alors ouvrez bien grand vos yeux, montez le son de votre PC à fond et préparez-vous à voir et entendre ce que vous n’auriez jamais imaginé…
Festival de Romans
C’est la période des prix et festivals, à croire que les gens n’ont que ça à faire avant noël au lieu d’aller engloutir 4 kilos de raclette. Ce coup ci c’est le tour du festival de Romans qui a pour but de fêter l’expression sur Internet . Comme nous on s’exprime beaucoup (et comme on a les dents qui raye mon beau parquet stratifié leroy merlin), on s’est inscrit. Faites comme nous, mais n’oubliez pas que si vous gagnez à notre place, on sera obliger de vous refiler la coqueluche ou de vous briser les molaires à coup de marteau.
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Slam’alékoum !
Y’a des vendredis soirs plutôt ennuyeux et d’autres carrément pourris. On a tous connu la boîte glauque, les Ricards au coin du bar avec des potes éméchés; on a tous opté pour une soirée pizza devant Prison Break ou pire, devant la Star Ac’.
Ouais, y’en a en pagaille des vendredis comme ça, un peu banals, un peu pépères.
Mais des vendredis comme vendredi dernier, j’en avais jamais connu. J’ai bien failli mourir idiote alors faut que je vous raconte.
Y’a un mois, au détour d’un concert, je rencontre un grand mec armé de sa béquille. On tchatche un peu, de tout et de rien, et puis il me sort “Si t’aimes l’écriture, tu devrais venir aux soirées Slam de St. Denis”. Me voila qui sautille comme la mère de Bambi sous amphétamines parce que justement, l’autre jour j’ai vu un docu sur le Slam et que ça avait l’air ultra tip-top chanmé cool ! (Bien sûr, je ne lui dis pas en ces termes, je ne voudrais pas me taper la honte devant un Slamer, déjà que dix minutes plus tôt je m’étais rétamée la gueule dans l’escalier et écrasée aux pieds de Nagui… En y repensant, quitte à choisir aux pieds de qui s’écraser, j’aurais plutôt pris Bob Dylan, mais il était pas là… Bref ! Je m’éloigne du sujet.)
“Une soirée Slam? Top bon! Rendez-vous le 14 Décembre alors!” Yo.
Pendant un mois j’ai préparé ma première Slam-Session comme j’avais préparé ma soirée Sex Toy. Une petite dose de Google, quelques impros sous la douche -j’étais presque prête, il ne me manquait plus que des amis pour m’accompagner. Mais depuis ma dernière chronix je n’avais plus d’amis, alors j’ai demandé à mon père qui n’a pas le choix d’être mon ami.
“Allo Papa? Ça te tente une soirée Slam à St. Denis dans un mois?
-Une quoi où ça quand?
-Du Slam, tu sais, c’est comme du rap sans musique et tout le monde peut participer, les jeunes, les vieux, les nuls. C’est dans un bar en banlieue et…
-J’déteste le rap et la banlieue, surtout Meudon. Jamais tu me traîneras là-bas!
-Mais c’est pas à Meudon…
-C’est pareil!”
Comme je suis une fille butée, j’ai rappelé mon père tous les trois jours. “Papa! Il faut que tu viennes, c’est important que tu saches ce qu’il se passe en dehors de Paris” Non! “C’est important que tu connaisses les nouveaux mouvements d’écriture!” Non! “C’est important que tu m’amènes là-bas en voiture! ” Non! À bout d’arguments, je lui dis que la bière sera pas chère et que les Slamers sont tous hyper fans de lui.
Faut croire que je suis très convaincante, deux jours avant la date fatidique, mon père se décide à venir et en plus il a écrit un Slam.
Nous voila dans la bagnole avec mon papounet et Débiche, qui est toujours partante pour mes plans galère. Opération St. Denis, programmation du GPS : attention les bobos arrivent! “Tu crois que je suis bien habillée, j’suis pas trop coinçosse? Putain j’ai la dalle, je mangerais un Slamer! Est-ce que t’as pris ton appareil? Attention t’as raté la sortie!” De vrais touristes en partance pour l’aventure. Je commence à me dire qu’on va se faire jeter pour excès de plouquerie.
Arrivés dans le bar, on essaye de se faire tout petits en se cachant derrière un sandwich et une bière. Deux minutes plus tard, l’endroit est bondé.Y’a des gamins partout, des gens de toutes les couleurs, des p’tits vieux qui ont les yeux qui rient et la cane qui tremblote. Perdues au milieu de cette foule enthousiaste, quatre caisses en guise de scène. Et un micro. Je vois mon père blêmir. Est-ce que le bar de St. Denis serait plus impressionnant que le Zénith?
Puis le silence se fait. Fabien monte sur scène avec Ami Karim : SLAM’ALÉKOUM ! ALÉKOUM’SLAM ! Répondent les gens. La soirée peut démarrer.
C’est là que les claques ont commencé à tomber. J’en avais jamais pris autant en une soirée. Un gamin de dix ans entame un Slam sur le racket, écrit dans une langue qui rendrait jaloux tous les poètes de Lagarde et Michard; un mec un peu nounours débite des vers qui sonnent, fait vibrer les murs de St. Denis avec des mots-colère ; une jeune fille grimpe sur l’estrade, scande son quotidien, démonte la barricade qu’elle s’est construite autour du coeur; un homme en fauteuil roulant parle de l’euthanasie; un ado charrie sa soeur; un papy parle de l’Afrique, un autre se met dans la peau d’un flic… Et au milieu d’eux, mon papounet tout tremblant qui déballe son premier Slam et s’en sort haut la main. Malgré la trouille. Surtout grâce au sourire des gens.
En tout, quarante personnes sont montées sur scène, chacun a été accueilli avec la même chaleur, la même tolérance. On est passés du rire aux larmes, de la rage à l’espoir et on est repartis bourrés d’énergie et d’envies.
Des vendredis comme celui-là j’en veux toutes les semaines, à St. Denis, à Paris, et même à l’Elysée. Ce truc remue tellement les entrailles qu’on en ressort tout neuf. Ça retourne chaque organe, dépoussière le cerveau, déverrouille nos oreilles. En ces journées d’hiver tristounes, le Slam devrait être prescrit comme remède à la morosité. En fait ça pourrait même remplacer la Marseillaise, parce que j’ai jamais entendu des mots qui hurlaient autant la liberté, l’égalité et la fraternité.
Ouais j’suis cul-cul, je sais. Le Slam ça rend sentimentale, et alors?
Alors Alékoum’slam! Rendez-vous au prochain vendredi!
Révélation blog
Cette année, le festival international de la bande dessinée d’Angoulême lance un prix du blog. Ca se passe ici et trois auteurs seront récompensés. En tant qu’éleveur de champion, j’ai inscrit Todo Loco, mais que cela ne vous décourage pas d’aller aussi vous inscrire!
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