Mariés, deux enfants.

Ouais, quand même ça fout les jetons. Parce que fonder sa famille, mine de rien, c’est un peu comme se créer son propre goulag. Et deux gosses c’est la perpétuité sans remise de peines.

Surtout pour le père d’ailleurs, car, avouons le, quoi de plus désagréable que d’être réveillé en pleine nuit (quatorze heure, voire midi !!!) par des cris de mioches après de longues heures de beuverie travail.

Après tout on à beau être un père, on n’en est pas moins un homme dont les instincts primordiaux nous pousses à aller courir les couilles à l’air dans la foret la plus proche une bouteille de label 5 à la main (en l’occurrence le bois de Vincenne, mais notre société moderne réprouve généralement ce type d’attitude au gaz lacrymogène (voir au tazer si vous croisez la maréchaussée)).

C’est quand même moins difficile pour la mère qui peut plus facilement se laisser aller à ses réflexes primitifs comme protéger sa portée, nourrir sa tribu et se reproduire.


C’est que je j’essayais de faire comprendre sans succès à ma femme l’autre jour à la maternité alors que l’on attendait l’opération qui allait nous rendre une seconde fois parents. Faut dire qu’une autre future maman poussait des cris de cochons dans la pièce d’à coté, ça aide pas non plus à saisir la pertinence de mon propos.

Tout ça pour dire donc que la petite Mia est née le 27 février, que c’est un beau bestiau de 3 kilo 800 et que les collègues blogueurs sont même déjà venu la voir histoire de la traumatiser dans les premières 48 heures. Sa soeur l’attendait elle aussi avec impatience à la maison histoire de lui faire goûter un peu de chaleur fraternelle.

La maman va bien, le papa juste un peu triste de louper la soirée « rosé » tonight chez manox, surtout que selon lui « Y’aura de la cochonne et du pinard ». Pas grave, je me rattraperais sur la prochaine soirée sextoys chez Lolita.

Gode Power !! (Interdit aux - de 12 ans et aux parents)

Il y a un mois environs, ma cousine Julie - qui est une fille ultra sophistiquée, mais dont les plans sont parfois légèrement farfelus- est arrivée vers moi, a saisi mes p’tites mains de scribouillarde avec ses p’tites mains de productrice et m’a dit, les yeux dans l’eau et un trémolo dans la voix : « Prépare-toi… Le 16 Février on a une soirée Sex Toy ! »

Alors je me suis préparée. De tout mon cœur, de toute mon âme j’ai essayé d’être à la hauteur de cette soirée. J’ai arrêté le Nutella, j’ai repris le jogging (heu…commencé le jogging), j’ai fais des recherche sur le net pour être au courant des dernières innovations en matière de jouets sexuels et éviter de passer pour une débutante, j’ai même été jusqu’à revoir toutes les saisons de « Sex in the City » pour être certaine de savoir de quoi je parle…

Au bout de deux semaines, outre un léger traumatisme à cause de certaines photos vues sur Google, je me sentais encore moins prête qu’au premier jour.

Comment peut-on se préparer à une soirée Sex Toy ? Faudrait déjà savoir c’que c’est ! Est-ce que c’est un peu comme les soirées Poker des mecs ? Vous savez, quand on se réunit autour d’une table sous prétexte de jouer, pour finir par descendre une bouteille de Pastis et une de Ricard, en essayant de faire des petits tas avec les jetons multicolores, sans jamais réussir à bluffer ses adversaires parce que c’est trop jubilatoire de le dire quand on bluff… Est-ce qu’il faut bluffer dans une soirée Sex Toy ? Est-ce qu’on aura le droit de picoler ? Est-ce que je suis obligée de m’habiller sexy ? Est-ce qu’il y aura des garçons ? Et surtout, est-ce qu’on va devoir tester la marchandise sur place ?

 Je vous l’ai dit : impossible de se préparer à ÇA ! La seule solution c’est d’y aller sans réfléchir.

À peine entrée dans l’appartement de la fille qui organise la soirée, une phrase me saute aux oreilles : « L’autre jour j’ai essayé les boules sous les testicules… » Tiens, y’aurait-il des mecs finalement ?
Mon espoir retombe assez vite quand je découvre l’assemblée réunie au salon autour d’une table basse qui croule sous le vin rouge et le Coca Cola Blak : Douze nanas, dont une blonde, une presque à poil, une presque saoule, quelques-unes presque timides et même pas une bouteille de Pastis. On dirait les douze apôtres attendant l’arrivée du Messie.

Le Messie, en l’occurrence, est une jeune femme noire assez canon, qui s’appelle Morelle et m’accueille d’un « Bienvenu la belle ! Ce soir c’est le Gode Power ! »
« Heu…merci…Ça dérange quelqu’un si je prends des photos pour mon Sblorf ? »
Elles me répondent « à tes souhaits », je prends ça pour un « pas de problème ». Ce nom de blog est décidément bien trouvé… Vous avez deviné qui joue le rôle de Judas ?

J’ai à peine le temps d’enlever mes chaussures que Morelle m’attrape par la taille, me tartine les lèvres d’un baume aux fruits de la passion et me colle un masque en dentelle sur les yeux ! Manque plus que la cravache ! Je me tourne vers ma cousine en quête d’une sortie de secours, mais l’aide ne risque pas de venir de son côté : elle est en soutif à résilles et envisage d’essayer les jarretières ! Il paraît qu’avant mon arrivée, les autres filles étaient toutes seins nus. Comme quoi, un p’tit retard de vingt minutes, ça peut vous éviter bien des situations embarrassantes… Les mecs, je vous entends d’ici jurer de ne plus jamais être en retard nulle part.

Sans trop savoir ce que je veux dire par là, je glisse à l’oreille de Julie : « Si j’avais su, je me serais habillée pour être à poil…
-T’inquiète, c’est leur « première fois » à elles aussi… »
Ma cousine a toujours su décrypter mon langage. Je me détends, j’avale un verre de vin en regrettant l’anisette et j’observe.

Morelle est debout au centre de notre groupe d’éberluées. À ses pieds trône une immense valise qui dégouline d’un bric à brac incroyable de lingerie, d’objets colorés, de boîtes aux étiquettes aguicheuses, d’éclats d’acier Bling-Bling qu’on peu mettre aux poignets. Elle sort toute une ribambelle de produits et les fait passer parmi nous. « Allez les filles ! On commence par le Soft ! »

Pendant une demi-heure, on essaye les huiles de massages mangeables – fraise, cerise, banane, chocolat !-, les lubrifiants parfumés, les crèmes « chaud et froid » pour des effets « dedans-dehors », les fluides torrides (« étalez-le, soufflez, votre mec brûlera d’amour pour vous! ») et bien d’autres merveilles mentholées et acidulées, adaptées aux vastes comme aux plus petites zones de notre anatomie… pour finir par le chouchou de ces dames (ou de ces messieurs ?), le « Baume du Gland ! Plus tu mouilles, plus tu l’actives ! » (Je laisse votre imagination travailler… Ne la laissez pas aller trop loin quand même – chez moi c’était carrément devenu Tchernobyl, mais j’ai tendance à imaginer le pire)

Morelle nous enduis les bras de ses drôles d’inventions et nous pousse à lécher. Pas question de se défiler, il faut goûter à tout ! Comme je suis disciplinée (et surtout, en pleine investigation pour le Sblorf), je fais comme les autres, je goûte. Au début c’est pas mal, mais ça devient vite écoeurant -surtout mélangé aux Pringles. Je ne sais plus quoi faire de mes bras, on dirait deux papiers tue-mouches tellement ils sont collants ! Sans parler de cette envie de vomir qui monte en moi… Est-ce que c’est la bougie que je viens d’avaler qui n’était pas mangeable ? Je ne suis pas la seule à saturer sur le « Soft » on dirait, y’a une fille qui a dû abuser du Fluide Torride parce qu’elle est rouge écarlate et s’évente le visage avec un bouquin intitulé « La sexualité pour les paresseuses ». (hop, dans mon panier)

Heureusement qu’une impatiente s’écrie « J’veux un Gode ! Les trucs qui s’lèchent, ça va deux minutes ! », sinon on aurait toutes fini aux chiottes en train de gerber le « Baume du Gland » (Oulala c’est vulgaire, ma pauvre grand-mère va en faire une jaunisse… on est bien au-delà des histoires de clitoris…)

Alors Morelle sort l’artillerie lourde et entame son prêche : « Passez les vibros les filles ! Passez les vibros !! »

Et nous passons les vibros ! Y’en a de toutes les couleurs et de toutes les tailles, pour les petites et pour les éléphantesques, pour l’extérieur, l’intérieur, le clito (le revoilà !), y’en a avec télécommande et y’en a même un qui se branche sur I-Pod et qui vibre en musique, mais surtout, y’a la collection des Gode Astrologiques ! Douze signes pour douze nanas amusées par le côté ludique des joujoux. « Qui c’est qui est Balance ? Et qui c’est qui est Scorpion ? Qui veut le vibro-Vierge ? Putain, il est flippant le Cancer ! Moi j’suis Lion ! J’veux le Lion ! »

Il en faut pas plus pour exciter les filles, un peu d’astro, quelques jouets à poser sur leur baignoire à côté du petit canard et surtout la certitude qu’aucun mec ne les observe.

J’en ai oublié le Pastis, l’heure et la pudeur, j’organise une baston de vibro avec ma copine Dorothée. Les boules de Geisha (« Stop pipi sans se prendre la tête ») font des frondes idéales !

Et tout à coup, notre Gourou brandit le Corps du Christ, LE vibro ultime : le Bayo ! Celui qui veut dire “super puissant” en dialecte Africain !  Il est d’un rose divin, sa gamme de  vibrations est illimitée, il se recharge comme un portable et, fin du fin, il tourne sur lui-même !

“Attention ! Celui-ci est dangereux… Il crée une réelle addiction… Quand je couche avec mon mec ça m’arrive de lui gueuler : bah vas-y ! TOURNE !! »

Je ne sais pas si c’est l’allusion à un mec réel ou si c’est l’effet Bayo, mais les jeux se calment et on entame les négociations. « Combien pour le Sagittaire, c’est pour une copine… ? Et l’huile comestible, combien ? Tiens, j’avais oublié les sous-vêtements déchirables…combien ? »

Je suis un peu déçue par mes camardes qui nous font promettre de ne rien raconter de cette soirée - faudrait pas qu’on soit au courant de leurs achats… Promis les filles, j’en parlerai à personne…

Chacune de nous est repartie avec un sac rempli de nouveaux joujoux et un grand sourire aux lèvres.

Le seul point commun entre les soirées Sex Toy et les soirées Poker, c’est que tu repars plus pauvre qu’en arrivant !

Si ça vous tente, Morelle a un stand au Printemps Haussmann. Quand vous la verrez, criez-lui « Gode Power » ! Elle saura que vous venez de ma part…
 

 

Les photos volées…

J’ai volontairement évité de trop montrer les filles. Elles m’auraient assassinée !

(more…)

Bouddha sur la balançoire (fin)

« Aï ! » s’écria le soldat Huong en Vietnamien lorsque le moustique la piqua sans tiquer. Puis elle ajouta « Mey kip ! » - ce qui veut dire « putain ! » à Saigon.

Quoi ? Vous êtes perdu ? Mon ellipse est abyssale ? P’tits joueurs… Bon, je résume : Nous sommes en Camargue ; pour l’instant on ne peut pas dire qu’entre elle et moi ce soit le grand amour et il en va de même entre soldat Maman et son voisin guerrier. La tension monte dans les marécages. Les crocodiles frissonnent sous leurs carapaces et j’vous parle pas de Sarkozy dans le freezer.

Alors là vous êtes complètement largués ? Normal, tout ça n’est pas encore arrivé, ça appartient à votre prochaine réincarnation…

Donc, pour venir en aide au soldat Huong, je lui file une grande claque et j’écrase ce misérable moustique vicelard, tout en lui dessinant ma main en rouge-écarlate-éphémère sur l’avant-bras.

« Mey Kip Lola ! Tu viens peut-être de tuer l’un de tes ancêtres !
-Quoi ? J’ai pulvérisé mon grand-père d’une simple claque adroite lui qui était de gauche ?!
-Ce que tu as fait est maaaal. Tu n’es pas prête à te réincarner en homme…
-Ça tombe bien, j’compte pas me réincarner tout de suite, j’ai déjà plein de choses à faire cette semaine. Et puis j’ai promis de faire don de mon clitoris à une copine, faut choisir entre…
-Tu n’as rien à choisir petite insolente ! Si tu as accompli assez de bonnes actions, SI tu as été juste envers tes frères humains, SI malgré les tentations et les attraits du « mâle » tu es parvenue à faire le bien, alors peut-être qu’après six vies passées en femme, en animal, en plantes, en Tith Chô (viande de chien) et même en handicapée, oui, seulement alors, peut-être que SI tu as été une femme potable, tu te réincarnera en homme !
-Hum… Tout ces si pour un moustique ? »

Tandis que le paysage défile sous les roues de la bagnole et que la bagnole défile sur les pattes des crocodiles, Soldat Huong m’explique qu’en tant que femmes on n’est pas arrivées au Nirvana. Pour Bouddha, c’est à peu près aussi glorieux que d’être un poulpe ou un lama borgne.

« Mais y a bien pire que la femme, y a l’handicapé. » Au Vietnam ils ont coutumes de dire que les handicapés ont mérité leur sort, que c’est leurs mauvaises actions passées qui leurs reviennent à la gueule, comme un boomerang… Alors du coup ils se moquent d’eux : «  Hé hé, t’as vu le mec à deux doigts ? Il a dû voler un bœuf dans son ancienne vie ! Mate un peu l’aveugle là-bas, qu’est-c’qu’il a dû tromper sa femme ! »

Destins communs, punitions divines, même « péchés »  pour les générations Agent Orange… ? J’adore mon soldat Huong et j’adore le Vietnam (j’y suis quand même allé quatre fois), mais là je fais opposition : C’est ça le Bouddhisme ?! Je croyais que c’était Amour, Harmonie et Transcendance ? Finalement, c’est comme avec l’autre là, Jésus, c’qui t’arrive de bien c’est grâce aux Dieux et les galères c’est de ta faute, tu les as bien méritées ?! Tout ça pour quoi, pour avoir la chance d’être un homme dans ta dernière vie ?

Pour aggraver mon karma -et un peu à cause des tournants Camarguais-, j’ai vomi sur soldat Huong, ça a débordé sur soldat Domi, son amoureux qui n’a rien dit depuis le début de cette histoire, alors que dans la vie il est très bavard et très drôle, mais on ne peut pas laisser tout le monde s’exprimer en même temps, sinon c’est l’anarchie et soldat Thierry sera jaloux parce que lui aussi a son mot à dire, mais au bout du compte c’est moi qui commande !

Excusez, je m’emporte. C’est les virages.

Dans une église où je m’étais perdue en quête d’un mouchoir pour essuyer mon jean, je tombe sur la propagande de Nicolas Sarkozy : une jolie petite carte représentant la campagne Française. Lui, au premier plan, avec une épaule fuyante, sans parler du sourire. Derrière : de l’herbe. Pas un kiddam, ni un hameau. Nada. Juste une espèce de mouette qui plane au-dessus d’un slogan hyper second degré « Ensemble, tout devient possible »… Ensemble ? C’est marrant, il a plutôt l’air tout seul, avec juste un oiseau pour nous chier dessus…

 Bof, ça ira pour essuyer mon jean.

Pour clore cette journée pleine de révélations Bouddhiques, on fête l’anniversaire du soldat Maman dans une maison au milieu des marais. La femme qui nous invite est complètement timbrée mais hyper sympathique, elle finit par pousser la chansonnette avec son chien sous la pleine lune.

L’alcool coule à flot, j’alterne shot de liqueur de prune et vin rouge. Je commence à trouver la Camargue ultra cool. On rentre tous bourrés mais c’est pas grave parce qu’en Camargue y’a pas d’obstacle.

Pour rire un peu et me souvenir de mon enfance, je me jette sur la balançoire qui me fait de l’œil depuis hier.

À croire que mon enfance est bien lointaine : j’ai oublié comment on fait de la balançoire ! Je dévie sur la gauche et me fracasse l’épaule et l’omoplate contre un poteau qui borde le champ voisin. Comment on peut se fracasser l’épaule ET l’omoplate en même temps ? Je sais pas, j’suis saoule. L’effet flipper peut-être…

Je rentre en titubant vers l’hôtel. Putain, déjà que j’étais une fille, manquait plus que je sois handicapée ! L’alcool me rend superstitieuse : je colle Sarkozy dans le freezer.

C’est un rituel vaudoo africain – tu mets la photo de quelqu’un au congélo et ça le neutralise… Espérons que ça marche, si je meurs de mes blessures cette nuit, j’aimerais pas me réincarner en Sarko…

J’préfère encore revenir en moustique femelle aveugle avec seulement deux doigts !

Bouddha sur la balançoire (début)

Je crois que je peux le dire aujourd’hui : J’ai « fait » la Camargue !

J’ai « fait » la Camargue comme les GI’s ont « fait » le Vietnam, comme les Franchouilles ont « fait » l’Algérie – j’ai « fait » la Camargue comme une petite Parisienne en province.

Et ouais les mecs, je reviens de la guerre et j’ai survécu !

On était parti en mission repérage. Un escadron de cinq désaxés lâchés en terres hostiles. Quoi ? Vous trouvez que j’exagère ? Allez-y et vous rigolerez moins. La Camargue c’est tellement plat, y’a tellement pas d’arbres, ni de vie verticale que quand tu demandes ton chemin à quelqu’un il te répond  « À gauche après le nuage de moustiques ». Démerde-toi avec ça, parce que les nuages de moustiques c’est pas c’qui manque là-bas. T’en mange en te baladant, t’en mange en dormant, t’en mange en tchatchant, et quand t’en as assez mangé, que tu commences à te sentir ballonné par cette bonne petite bouffe, et ben t’en mange en vomissant. Si t’es pas mort parce que t’as choppé le Palu.
 
Les moustiques en Camargue, c’est pire que les Vietcong. T’es obligé de tomber dans l’alcool - et si, comme moi, t’étais déjà plutôt bancale, la chute est encore plus rapide. Bah oui, faut boire pour oublier la Camargue, ses insectes hystériques, ses marais boueux, grisâtres et humides comme une chambre à Da Nang. Le seul point positif, c’est quand tu rentres bourré sur les routes, tu risques pas de te prendre un obstacle, y’en a pas.

Et dire qu’à un quart d’heure y’a le Lubéron.

Comme ils disent là-bas : Il faut la mériter la Camargue ! Tu m’étonnes… C’est un peu «Pas d’bras, pas d’chocolat » : Pas de cuirasse anti-moustiques, pas d’amour pour les paysages-rien-du-tout, pas de Camargue ! Zut, moi qui comptais m’y installer…

Le pire c’est que c’est hyper Mafieux. Le soldat Maman avec qui j’étais en mission subit la folie Camarguaise depuis deux ans. Quel est son tors mon Commandant ? Elle a voulu faire une jolie maison, avec des moustiquaires et de chambres d’amis (c’est son côté sadique, inviter des amis dans cette région…), mais son voisin est fou et il a mis des barbelés partout. Peut-être qu’il a attrapé la Dengue ou la fièvre jaune à force de traîner dans la boue et les chevaux… Ça expliquerait qu’il construise un barrage pour empêcher soldat Maman de rentrer chez elle ? Ça expliquerait qu’il lui interdise l’accès à sa propre grange et qu’il lui colle un procès sur le dos, avec comme ligne de défense « elle est Parisienne, berk ! » ? 

Les maladies ça explique beaucoup, mais pas tout. La connerie ça se soigne pas par anti-biotiques.

                                                                 ***

Pour comprendre le titre, connaitre la suite de la Mission Camargue et surtout savoir quelles sont vos chances de vous réincarner en moustiques, suite au prochain épisode…

C’est moi

Yo salut les amis alors ça pulse, ça roule, ça clashe, ça swingue, ça jerk? Alors okaye tavu jt’explique parc’que quand meme jsuis un type sympa, un mec leucou, un gars qu’en a dans l’falzar pas un crevard. Bon ben voilà je dois te l’annoncer… ben Lolita…….mais si souviens toi, tu sais la meuf qui ecrit des chronix ici et tout avec sa ptite tete de linette et ses coudes de crevette; bon bref elle..elle….elle…elle est partie!!!

Je sais je sais je te vois deja en train de paniquer, de fliper, de balizer, de transpirer pire qu’un poulet deplumé devant l’abatoir ou qu’une langoustine devant une belle marmitte d’eau bouillante et j’en passe et des meilleurs. Mais je te rassure tout de suite elle va reveniiir. Ben ouais pas d’inquietude tout va bien c’est la fete youpi tsoin tsoin on sort les seringues, les feuilles d’alu, les plaquettes de.. euh bon..veuillez m’excusailler chers gens je m’emporte. Oui cette tres chere Lolita est partie en proviiiince dans la cambrousse quoi! Retrouver un peu la nature, les moustiques et autres creatures rurales dotées d’un accent fort etrange et possedant deux paires de gros trucs charnus ressemblant à des mains. Je tiens à preciser que je n’ai rien contre les gens du quart du monde ils sont tres sympathique à visiter en vacances et parfois meme certains semblent comprendre le language des humains.

Bref, qui c’est qui va la remplacer ces derniers joours??qui c’est qui?. Je te vois deja en train de te plaindre, de pleurnicher, de te lamenter, perturbé dans ce changement brutal de tes petites habitudes mais je te rassure tout de suite, etant moi meme un assisté je sais comment qu’on s’ocupe des gens et comment qu’on les dorlote. Alors bordel on se relaxe, on laisse tomber ses epaules, on etire ses jambes on se prend une bonne bibine bien fraiche, parce que nom de Diou le gars qui deboule il s’appelle Manox, M pour Mince alors j’y crois pas, A pour Ah bon sans deconner, N pour Non merci jamais avec de l’alcool, O, pour Ooh arrete c’est vraiment lui et x pour Xanax vite vite, ouais c’est moi mon ami(e) et jt’assure que j’ai jamais la prose morose et que ma rime c’est pas dla frime.

Alors ces prochains jours ça veut dire des photos inedites, des dessins, des montages, on s’isole, on parle pas du reste du net, on est dans notre univers parallele, un truc de malade qui existe que ici, une planete encore vaste et peu connue, des paysages enormes et mouvant! La liberté le renouveau, pas de frontieres, pas de codes, tout est possible car ici c’est le Sblorf, alors sblorfons, vivons chantons et surtout n’oublie pas fiston(ne) que le Sblorf ce sera toujours ta maison.

Ps: la personne qui me demande quand elle revient je lache mes pinguoins.

Attention, soirée marathon !

Mercredi 29 Janvier-17h54 : En apnée dans la cave avec Manu et Siegfried, je les laisse se moquer de moi, ça les occupe et pi je suis quelqu’un de très « moquable » (ça marche en anglais aussi). Qu’est-ce que j’ai encore fait ? J’ai rendez-vous avec le Lémurien. Ce soir il monte exprès de Montpellier (vous connaissez ? Moi je confond avec Limoges alors que je sais même pas où est Limoge et je me demande même si ça existe…) C’est péché, je sais. Pas de ne pas connaître Limoges –vous suivez un peu ! C’est péché de donner rendez-vous à un animal à rayures. Je sais pas trop pourquoi d’ailleurs, c’est peut-être mon côté puritain qui ressort… Les Protestants m’ont récupérée ! Au secours ! Va falloir que je fasse des « Disco Shabbat » pour compenser !

17h56 – Je plante mon Manu et mon Siegfried dans la cave qui commence à sentir bon la merguez.

17h57, 58, 59, 60… Je sillonne Paris sur mon fidèle destrier. Quelques crottes d’oiseau se collent à ma visière sur le pont d’Austerlitz.

18h03 – Je marine dans mon bain, avec les doigts de pieds au-delà du « fripage ». On croirait dix p’tites saucisses Knaki imbibées d’eau bouillante. Je commence à m’assoupir… l’eau rentre dans mes narines… juste ce qu’il faut pour me tenir au chaud, pas assez toutefois pour me noyer par les trous d’nez. Ça serait con.

19h10 – Coup d’fil du Lémurien, il est en bas, c’est quoi le code ? Merde merde merde ! Mes narines sont fripées les salopes ! (C’était le passage vulgaire. Il en faut.) Je sors du bain, j’enfile mon (unique) jean (au moins t’as pas à choisir) sur la mousse encore humide (comme toutes les mousses tu m’diras), je me sèche les cheveux dans la machine à laver, ça va plus vite et je lui ouvre enfin.

19h17 – Salut… Salut aussi… Alors heu… t’es pas si petit finalement… ? Merci. J’imaginais pas tes narines comme ça… Merci…

19h19 – Après vérification de son identité – questions piège à l’appui : combien de chapeaux à motifs de vache possède Laurel ? Combien de doigts de pieds peut-elle se rentrer dans la bouche, sans se coincer ? Combien de commentaires l’Ours a-t-il posté sur le Sblorf ? etc…- donc ! après toutes ces questions faciles, je le laisse enfin rentrer.

19h29 – Il est trop chelou ! Excusez, c’est l’émotion qui me fait retrouver mon langage d’ado… Hum - L’animal est étrange. Depuis dix minutes il inspecte mon appart à la loupe, il ouvre mon frigidaire, regarde derrière ma télé, feuillette mes carnets, déshabille mes peluches… Deux solutions : soit il a un « air de famille » avec ma famille et il est en train de chercher les micros espions… Soit il marque son territoire. Je pencherais pour les espions, c’est plus rigolo. En tous cas, il est assez bizarre pour qu’on s’entende. C’est pas un type « normal », ouf, on a évité le pire.

19h30 – J’ouvre une bouteille de vin, on en boit deux verres et je me rends compte qu’on est ultra en retard pour la projection du court-métrage de Déborah. Encore elle. Je lui arrache le verre et le pousse dans l’escalier. Viiiiiite ! Si je manque ce truc elle m’en voudra pour l’éternité et, comme disait Woody Allen (après que je le lui ai soufflé), l’éternité c’est long, surtout vers la fin.

19h31 – On file sur mon scooter, direction Bercy pour la projection. Je sais pas si c’est le retard, la projo, le Lémurien, Bercy ou l’habitude, mais je conduis comme une Kamikaze et manque de nous tuer trente-deux fois et demi. À un moment j’ai même cru qu’il était tombé de la selle… Ou peut-être que c’était sa rotule dans mon sillage ? Bon, je suis un peu inquiète, mais il a l’air d’adorer. S’il aime les sensations fortes, la prochaine fois je l’emmènerai en bagnole, c’est pire que tout…

19h32 – On est perdus !! Je le force à aller demander notre chemin à des passants parce qu’on m’a dit de ne jamais parler à des inconnus. Il court partout, rentre dans des bistros, agresse des vieilles dames (petit coquin) et finalement JE trouve la rue. Et ouais, l’orientation féminine…Je suis une boussole vivante !

19h37 – On déboule dans la salle, on assomme les videurs  -qui se sont révélé être le Réa et sa femme… pardon… et on s’assoit hyper discrétos au premier  rang (fallait quand même qu’on voit que je ramenais un mec).

19h38  Le film est fini. On a vu la dernière minute, elle est archi bien.

19h39 - Bistro d’en face. Déborah lui taxe 15 euros pour « soit disant » se payer une coupe de champ’. À ce prix-là c’est carrément une coupe tout court chez JeanLouis Biguine, et puis, à quoi bon avoir un mec si c’est pour taxer celui des autres hein…La mère de Déborah scrute mon Lémurien, toutes ses copines aussi, y’a même un gars au bout du comptoir qui lui fait de l’œil. Il est plus populaire que moi, la vache ! Ou alors, c’est qu’ils veulent tous le taxer…

19h42 – Je le pousse vers la sortie, y’a trop de témoins. Je le pousse sur mon scooter, cette fois c’est encore pire, je suis pompette et j’ai envie de le faire flipper.

19h44 – On roule sur sa deuxième rotule.

19h45 – Retour à la case départ : mon appartement envahi d’espions. Je ressors la bouteille et on commence à discuter.

4h44 – Suite de la discussion (je vous ai dit qu’il était bavard ?) à l’étage. Soirée pyjama… Et là, c’est le drame ! Mon lit se transforme en Arche de Noé ! À ma droite y’a Laurel, Ad, Arthur de pins, Boulet, Mélaka et Trondheim, à sa gauche y’a La Nouille, L’Ours, Morgane, Manu, Siegfried et Guzza, au milieu y’a des Lémuriens, des potes, des chats, des ex, des doigts de pieds et même des papa, maman, mamie et compagnie ! Tout le monde est sur ce foutu radeau ! La Blogosphère au complet et même les gens réels ! Je me sens pas du tout capitaine du navire et j’ai pas un caractère à être moussaillon ! Allez hop ! Tout l’monde descend ! Mes narines commencent à peine à se défriper, je vais pas couler avec vous !

11h59 – Réveil au sec. Le déluge nous a pas eu ! Je pousse le Lémurien de mes cheveux, le pousse vers une tartine de Nutella et le pousse vers son train pour Limoges…heu, Montpellier.

17 heures ensemble, pas mal originales. Je l’aime bien. Mais je m’demande s’il m’a pas trouvée un peu trop collante…

Pour les yeux de Déborah

L’autre jour ma copine Déborah arrive à la bibliothèque toute contente :
-Trop bien, je viens de recevoir ma carte de donneur d’organe!
-Ah ouais… Trop bien…”
Et puis je l’ai  ignorée.

Elle est comme ça Débiche, elle a de drôles de lubies pour structurer son monde. Par exemple, elle fait des listes. Des listes de ce qu’elle doit faire et des listes de listes de ce qu’elle doit faire pour pas oublier qu’elle doit faire des listes. Remarquez, je fais pareil, mais c’est pas pareil… Quand on va barouder au Vietnam ou en Pologne, nos carnets de voyages ressemblent à l’inventaire d’un grand magasin croisé avec le Lonely Planet : “Acheter spray anti-moustique, demander au patron de l’hôtel si les deux rats qui copulent sous mon lit sont méchants, prendre une douche cette semaine, demander à un médecin si je suis en train de me transformer en Eléphant Man ou si j’ai seulement attrapé une conjonctivite Vietnamienne à force d’ouvrir les yeux trop grand tellement c’est beau, retourner au Ben Tan Market de Saïgon pour manger ces délicieux petits nems à je-sais-pas-trop-quelle-viande-et-je-veux-pas-savoir, acheter une cage à oiseau, ne pas chopper la lèpre”… Bref ! Les listes ça rassures et c’est plutôt normal d’en faire.

Mais Débiche ne s’arrête pas là, elle est vachement plus atteinte. Aux dernières nouvelles, elle veut emménager avec son mec. Pfff, trop nul…  J’adore son mec, c’est pas le problème (lui dites pas, sinon il va croire que c’est acquis). Donc, elle veut emménager avec lui, parce que, soit disant, c’est “l’évolution normale” d’un couple. (Ah c’est ça que j’avais pas compris… Ça évolue un couple ?) J’ai bien essayé de la faire changer d’avis mais rien n’y fait - elle veut évoluer !
“Comment on va faire pour nos soirées pyjamas si t’habites chez lui ?!
-J’habiterai pas CHEZ LUI, ça sera aussi chez moi !
-C’est c’la oui… En tous cas ça sera plus CHEZ MOI !
-Mais avant CHEZ MOI, c’était pas CHEZ TOI !
-Roh chipotte pas hein, tu vois très bien c’que j’veux dire… Ça va être trop nul, on pourra plus se faire de soirées Pizza-margarita-peperoni-ananas-champignon en déshabillés sexy (nous, pas les champignons), en refaisant le monde, en matant des séries et en passant des coups de fil anonymes !
-On a jamais fait ça…
-Non ! Mais on aurait pu!”

Voila en gros comment elle est Déborah. Vierge ascendant vierge. Hyper “constructive”, hyper “structurée”.

Mais elle n’a pas que des défauts, elle est drôle aussi. Elle persécute des gens, se moque des handicapés, elle est même partante pour nos soirées “Shoah” (là, elle voulait que je précise qu’elle était juive, pour que ça passe mieux. Perso, je vois pas pourquoi les Goy n’auraient pas le droit de regarder Shoah -documentaire de 123 heures et demi de Claude Lanzman. Moi j’adooore !!) Quand je lui dis : “Ça y’est, c’est sûr, c’est lui l’homme de ma vie, parce qu’on dirait une femme !” et bah Débo, elle voit ce que je veux dire, alors que vous êtes sûrement en train de penser que je suis lesbienne et peut-être même déjà en train de fantasmer la-dessus.

Donc, elle arrive à la bibli en claironnant qu’elle a reçu sa carte de donneur d’organe. Pour de vrai, je ne l’ignore pas -le moindre prétexte est bon pour arrêter de bosser :
-Ah ouais… Mais t’es folle. Tu veux vraiment distribuer tes organes comme ça, à tout vents ?
-Pas “à tout vents”, juste si je meurs dans un accident soudain.
-T’es glauque.
-Au moins mes proches sauront quoi faire, ils auront pas à se poser la question.
-T’es glauque.
-C’est du recyclage ! Pas d’gâchis, tu vois !
-Et tu t’en fous d’être dépouillée de tes organes pour “après”?
-”Après”…? Me dis pas que tu crois au Paradis?! Tu sais bien qu’on sera plus que des corps pourris dans la terre.
-Tu crois en rien ma parole… T’es glauque. (j’adore dire ça)
-De toute façon, si le Paradis existe, en donnant mes organes je m’assure une place d’honneur !
-Ouais, mais pour draguer ça sera plus dur. Avec un oeil en moins, pas de langue et sans utérus…
-Mais on draguera plus au Paradis, au contraire, on sera enfin tranquilles !
-Pas du tout ! Le paradis c’est là où tu peux draguer sans jamais te prendre de râteaux parce que t’es Divine, Eternelle et Sanctifiée !

Bon, du coup on s’est lancées dans un grand débat sur la drague au Paradis : est-ce que c’est mieux qu’en Enfer, est-ce que Dieu est le patron d’un énorme club échangiste -ça justifierait l’existence de Meetic-, est-ce qu’il vaut mieux sauvegarder du don d’organes son (attention, papa, ne lis pas la fin de cette phrase, ça risque de te choquer :) clitoris, et d’ailleurs, est-ce qu’on peut faire don de son clitoris à celles qui l’ont perdu ?

On nous a virées de la bibliothèque avant même qu’on soit arrivées à une conclusion, pour outrage verbal à la pudeur.

Sur le parvis de Beaubourg -à l’endroit même où mon scooter est mort et ressuscité-, Débo a admis, pour me faire plaisir, que le Paradis existait et moi j’ai admis, pour les yeux de Déborah, que le don d’organe c’était plutôt pas mal. Si jamais je perd mon clitoris, j’aimerais bien que quelqu’un me donne le sien.

Divagations assassines…

Salut m’sieur l’agent, j’viens me rendre à la Police.

J’ai commis un crime ce soir vous savez. Oui, comme ça, avec mes p’tites mains de scribouillarde, y’a pas deux heures j’ai tué quelqu’un sans lui vouloir du mal ; gentiment ; parce que vous voyez bien que j’suis gentille comme fille, j’ai même pas de Converse.  

C’est très grave je sais. On n’a pas le droit d’assassiner son prochain -surtout quand c’est la pire heure de la journée, celle où même les chiens et les loups se sentent vulnérables. Mais j’ai pas fait exprès bien sûr. Sinon j’vous l’dirais pas.

En fait, on était tous les deux et je voulais rentrer chez moi, au chaud. (c’est un peu à cause du froid que je l’ai tué finalement. Le froid ça rend nerveux). Donc, moi je voulais bouger mais lui il voulait pas. Il est resté planté là, comme un con sur les pavés, alors qu’en dessous y’avait même pas la plage, y’avait rien que des prémisses de neige.

Parce qu’il faisait froid ce soir m’sieur l’agent… Vous savez pas ? Vous êtes pas sorti patrouiller ? Y’avait Les enfants de la télé sur TF1 ? J’comprends… Dommage parce que j’étais en plein assassinat.

La scène du crime ? Oh, banale. Sur le parvis de Beaubourg, au pied du gros cendrier doré. Pourquoi vous avez l’air surpris ? Je vous le répète, il était temps de rentrer à la maison et il a pas bougé. Il m’a laissée en rade comme une vieille tong. Je l’ai un peu bousculé voyez-vous, avec mes p’tits mollets de scribouillarde j’ai tapé dans son arrière train de flemmard. Mais il a pas bougé. Alors je l’ai secoué plus fort et finalement je l’ai tué.

Comment ? En le noyant monsieur. Non, pas dans la fontaine Niki de St. Phalle, dans une simple flaque de pipi. Je sais, c’est sale, mais c’est comme ça monsieur l’agent, la vie c’est sale parfois -surtout à six heures du soir sur le parvis de Beaubourg, quand on a une envie urgente de consulter ses emails.

Et alors ? Bah je l’ai abandonné là. Fallait bien que je rentre, y’avait des ravioles qui m’attendaient dans le frigo.

Comment s’appelle ma victime ? Vespa LX 125 monsieur l’agent.  

Quoi j’me fous de votre gueule ? J’oserais jamais, c’est pas mon genre…

Allez, bonne nuit hein. Et sans rancune ! « Les enfants de la télé » c’est nul de toute façon – vous avez pas raté grand chose. Moi je retourne à mes ravioles congelées et à ma culpabilité d’avoir noyé mon scoot et de l’avoir abandonné dans le froid glacial de la nuit nocturne

Opération Tarrin, ou comment j’focalise…

Bonjour Docteur, j’ai un problème. Oui, encore. Non, c’est pas mes coudes cette fois. Ni ma cécité naissante, ni la lèpre que le gars d’en face m’a refilée en déposant le courrier, ni mon problème de prostate (où est-elle bordel ?!!), ni le reste… C’est bien plus grave Docteur, écoutez ça.

Depuis quelques mois, j’ai développé une « drôle » d’obsession. Enfin drôle, façon de d’parler. Parce que ça fait pas du tout rire mes collègues (oui, Docteur, je travaille maintenant, c’est dingue c’que le monde change). Ça aurait même tendance à les faire flipper. À chaque fois qu’on se voit, j’en parle, quand on va boire des bières et que je leur demande « comment on va faire pour s’en sortir ?! », ils échangent des regards inquiets comme si j’étais accro à l’héro. Ils essayent de me mettre en garde, de me tenir éloignée du « mâle », mais y’a rien à faire, le mal est en moi.

Quels sont les symptômes ? Hum… L’impatience, l’excitation devant un pauvre clavier d’ordinateur, un mélange d’amour-haine ultra puissant (pire que le Vésuve en éruption, du genre « qui nécessite du Roaccutane »). Un peu comme de passer son bac avec 10 degrés d’alcool dans le sang, ou de voler une peluche à un gamin avant qu’il n’apprenne à parler et qu’il vous dénonce (ça, s’est fait.)
 
En gros j’obsessionne sur un Lémurien. Mais non Docteur, j’suis pas schizophrène (ni zoophile), j’suis  juste tombée dans le piège - comme toutes les autres nanas pré-pubères qui zonent sur son blog dans l’espoir de décrocher la peluche… Je suis post-pubère (tout juste, depuis dix minutes) et trop fière pour scotcher comme ça, et pourtant… Quoi ? Vous ne connaissez pas Fabrice Tarrin ? Docteur, faut sortir du cabinet parfois, le mercurochrome va finir par vous achever.

Comment décrire cet individu… Je pense que je le déteste. Ou peut-être que j’l’adore… Vous croyez qu’il me déteste Docteur ? Bon, passons. C’est lui qui a repris Spirou. En gros c’est un « copieur » qui dessine pas trop mal… Mais surtout, quel MEGALO ! Pire que moi ! Il passe sa vie à se prendre en photo et à se montrer (presque) tout nu, il étale sa vie sentimentale et sexuelle (encore une qui m’énerve…) comme du Boursin sur une tartine de pain Poilâne et surtout comme si ça nous intéressait. Et le plus terrible c’est que ÇA M’INTERESSE! Je crois que je reviens à mon QI du CE2, bientôt je recommencerai à jouer à touche-pipi et je m’entraînerai à faire des bisous à ma main en espérant que Thomas Dufeu me remarque (cachée derrière l’arbre, en train de le « raccompagner » chez lui).

Tarrin. Ok, il est pas mal, mais bon, en fait nan, j’le trouve trop court sur pattes, enfin, c’est sexy quand même, heu, mouais, bof, si si, bref !  Il ne sourit jamais, moi je souris tout l’temps - on m’appelle même Kodak. Il fait des « casting » de filles pour se trouver une copine et oublier Laurel qui l’a pas oublié, alors que moi je suis en rémission et que je hais le prosélytisme et les dragueurs à deux balles.

Bref ! C’est tout ce que je déteste ! Voilà un autre problème Docteur, je crois que j’adore aimer ce que je déteste. Tout ce que je demande, c’est d’être sa muse. Après, ça ira, j’irai persécuter Boulet. 

Et le pire c’est que je lui fais de la pub. Remarquez, c’est pas nos 100 visites par jour qui vont faire exploser ses conteurs. Chez lui, ils sont plutôt 20 000. Mais ici, ils sont vachement plus sympas, et c’est pas pour sortir avec nous qu’ils aiment le Sblorf.

Y’a pas d’quoi rire Docteur. C’est horrible, vous pouvez pas savoir. La nuit je rêve que le Sblorf est en lien favori sur son site et même qu’il me dessine en vedette et en petite renarde… La consécration ultime ! Le pire c’est que je m’en fous d’être en dessin chez lui (oups, je mens), j’me consacre toute seule…. Quel est le problème des filles ? Pourquoi elles veulent toujours être la femme de la vie d’un gars qui n’est même pas l’homme de leur vie ?!

Voilà, Docteur. Vous auriez pas quelques granules d’homéopathie à me prescrire ? Du Tarrinus 9CH ? Une dose de Blasifius Lemurius 12 CH ? Sinon même un vaccin, faut bien commencer un jour.

Allez Docteur, vous étranglez pas avec votre stéthoscope, c’est pas grave j’m’en sortirai. Après tout,c’est rien qu’une nouvelle occupation. Et p’t’être même une technique drague.

“Plus belle la vie” si t’es greffé

L’autre jour, ma grand-mère m’a raconté « Plus belle la vie ». Vous savez, cette série « phénomène », qui fédère les gamins insouciants, les ados pré-pubères, les adultes dépressifs et les personnes âgées… Vous l’avez au moins regardée une fois. Chacun son pêché mignon, y’a pas de mal à se faire un peu de mal. (Ma mère c’est les Mon Chéri, mon père la « blogosphère », mon frère les nib’ de sa mère, et moi les Surimi.) Bref ! Mamie n’est pas du genre mémère, mais son pêché à elle c’est « Plus belle la vie ».

Alors, paraîtrait qu’il se passe un truc de fou à la cité du Mistral ? Y’a une nana qui a une fille, mais cette fille a -soit disant- été assassinée ou je sais pas quoi, mais en fait c’est faux, elle est pas assassinée, du coup sa mère doit la cacher et elle vit dans l’ombre et dans la cave, mais le problème c’est que cette fille, en plus d’être morte-ressuscitée-cachée, a une malformation cardiaque et attend une greffe. 

Jusqu’ici, rien d’anormal. La vie quotidienne quoi… Le hic c’est que le jour où –enfin - une greffe arrive pour elle, et ben elle peut pas aller à l’hosto pour se la faire mettre parce que sinon son assassin (qui est resté bloqué grave), la verra et la re-tuera. 

Bon, je crois que j’ai pas tout compris (est-ce que le pseudo assassin campe devant l’hosto parce qu’il sait qu’elle n’est pas morte et que son cœur capote comme on dit au Québec ?), mais j’ai saisi l’enjeu.

La question c’est : Comment va-t-elle faire pour ne pas mourir tuée par le mec bloqué, ou ne pas mourir tuée par l’absence de greffe, ou ne pas mourir tuée par les effluves de la cave…Comment va-t-elle faire pour ne pas mourir quoi ?!! Sa vie est un dilemme odieux…et j’te raconte pas sa mort.

La vraie question c’est : pourquoi les Français (encore eux) sont si pitoyables en série ? On peut reprocher pas mal de trucs aux Américains, mais côté séries c’est les rois du pétrole (hum). Je suis en train de regarder toutes les saisons de « Six feet under » et je peux vous dire que c’est autre chose. Y’a aussi des questions de vie ou de mort,  mais eux au moins ils ont des excuses, ils sont croque-morts ! C’est tellement « vrai » que ça fait flipper…

Quand je fais le tour de mes amis, chacun a sa petite série chouchoutte. On est tous plus ou moins accros à un truc - que ça soit Lost, 24, Grey’s anatomy ou Prison Break, on a hâte de les retrouver comme si c’était la fille ou le mec idéal. C’est bizarre comme phénomène… Une série ça te happe, t’as beau résister au début, tu sais très bien qu’à la fin tu sacrifieras ton rein (sauf si on t’assassine avant) pour voir le dernier épisode et savoir si Meredith va enfin se marier avec le beau gosse au stéthoscope. Une série, ça te tient chaud en hiver, ça te fait ressentir, compatir, t’as un peu l’impression d’appartenir à quelque chose, de rire avec des gens, c’est un rendez-vous qui te déçoit jamais (sauf à la fin d’Ally McBeal, mais c’est parce que Robert Downey était en cure de désintoxe)…

Un doute m’assaille… Est-ce qu’une série ça rend débile ?

Impossible. Y’aurait pas autant de gens qui regardent…

Bon j’vous laisse. J’ai un rendez-vous hypra important… La copine d’une copine d’une copine à moi doit m’appeler pour me dire si finalement elle se fait greffer ou re-tuer.

La sagesse, oui, mais sous anesthésie.

Mon dentiste est un sadique. Il détruit tout le travail de mon psy.

Non seulement, il me torture les dents avec ses fraises et ses roulettes agressives, mais en plus il arrive à me flinguer le moral à chaque fois que je le vois. Quand je sors de chez lui, j’ai la bouche pâteuse et envie de me jeter sous la première moto-crotte qui passe.

D’abord, il fait exprès de me poser des questions quand je ne peux pas répondre, parce qu’il a les deux mains enfoncées dans ma bouche. Et c’est pas des questions simples, genre « Ça fait mal ? » ou « Et là ? ». Non, mon dentiste c’est plutôt le genre à me demander si je préfère le livre de Nabokov ou le film de Kubrick portant mon prénom, pourquoi ce choix, argumentation avec exemples à l’appui. Essayez d’argumenter avec un aspirateur à bave et deux paires de mains dans le gosier -parce que cet homme a réussi à trouver une assistante…elle ressemble un peu à Staline d’ailleurs – et revenez me voir si vous y arrivez.

Ensuite mon dentiste commence à pleurer sur mon sort. Il est catastrophé par moi. Il paraît que j’ai pas de chance : mes dents sont parfaites, c’est « tèèlllement » bête d’avoir dû me dévitaliser la prémolaire droite. (1300 euros, tu m’étonnes que c’est bête.) Et deux fois en plus ! Parce que je faisais un rejet… Une fois « elle » a même bondi de ma bouche en pleine rue. Elle voulait se tirer cette saleté ! Heureusement qu’elle a pris les passages cloutés parce que sinon j’aurais pu la perdre sous les roues d’une moto-crotte… (tiens, une nouvelle obsession ?) Ma dent dévitalisée, c’est un peu la Corse de la France.

Bref ! Pour empêcher mon dentiste de fondre en larmes face à mon triste sort, je suis obligée de le rassurer (moi, l’hypocondriaque parano) en lui disant que c’est pas grave, que c’est la vie des dents et tout et tout…Si c’est une technique pour me faire oublier que le dentiste ça fait peur, c’est assez fort j’avoue. Sauf que maintenant j’ai plus peur de ses outils mais plutôt de lui et, vu que c’est lui qui tient les outils, j’ai doublement la trouille…

Putain, mon dentiste veut ma mort !
Et en ce moment c’est pire. Hier il m’a demandé comment allait « mon Canadien ». J’ai dû lui expliquer, sans le mordre, que mon mec n’était pas canadien mais tout simplement Parisien et pi que « mon Parisien » n’était plus à moi. On a cassé quoi… Alors là ! La chose à ne jamais dire à son dentiste, surtout si c’est le mien ! Il a passé une heure à me baratiner avec ses théories comme quoi, si mon ex m’a « abandonnée » (hum hum, « commun accord » tu connais ?) c’est à cause de ma plaque dentaire et que c’est bizarre quand même que je souri alors que je suis abandonnée (« commun accord » bordel !) et que c’est pas normal que j’aille aussi bien et que ça fera 600 euros ! (Non, j’déconne sur le dernier point).
Au bout d’un moment ça m’a énervée. Pour le faire taire -et si ça pouvait lui faire plaisir - je lui ai dit que j’allais vachement mal et que j’essayais juste de prendre sur moi, parce que c’est ce que font les adultes et puis, à quoi bon soigner ses dents et faire un détartrage si c’est pour pleurnicher toute la journée chez soi ! (Tout ça avec les petits cousins rembourrés entre les gencives).

J’ai dû mentir pour le bonheur de mon dentiste. Avant de venir ça allait plutôt bien d’ailleurs, mais j’ai pas voulu lui flinguer sa journée.

Comme il a compris qu’il avait été un peu lourd sur ce coup-là, il s’est lancé dans une explication magistrale sur la meilleure façon de se brosser les dents. Je vous mets au défi de reproduire sa technique ! Il faudrait se lever une heure plus tôt chaque matin…

Donc voilà. Mon dentiste est le Docteur Jekyll de ma psy. Avec un peu de chance, je vais le faire partir en retraite anticipée lui aussi.

Enfin…Si vous voulez son numéro pour votre plaque dentaire…

Les bonnes résolutions

Ayant manqué mes camarades régulièrement ces dernières semaines pour cause de perquisition par la gendarmerie de mon lieu de travail suivi de mon inculpation directe dans une sombre histoire d’homicide (à moins que ce ne soit pour terminer la peinture de mon appart, je me souviens plus trop), je n’ai pu voir mes deux camarades blogueurs depuis quelques temps.

Du coup, impossible de leur faire part des bonnes résolutions que je me suis charger de prendre pour eux en 2007. Ouais moi je suis comme ça, je prends de bonnes résolutions pour mon entourage, ce qui me permet de reprocher à quelqu’un d’autre leur non réalisation. C’est pratique et ça mange pas de pain comme [dirait] le clodo qui squatte le distributeur de billet de ma banque (il respecte d’ailleurs scrupuleusement les horaires de l’agence, ce qui fait de lui le seul SDF au 35 heures que je connaisse).

Comme j’ai trop peur d’oublier de leur communiquer leurs bonnes résolutions, je les mets ici, ils ne pourront pas les louper :

Manox :

  • Arrêter de picoler sous divers prétexte dont celui de faire visiter les bars de Montmartre à tous les suédois du 18éme.
  • Dessiner 5 strips par semaine pour le projet Pandora et deux tee-shirts par mois, le tout sous Illustrator et mis en couleur à la Corben.
  • Nettoyer toute les semaines la cave magique qui sert de lieu de travail à l’équipe de Sblorf et qui ressemble de plus en plus à un marécage chaque fois que j’y retourne (si je me fait mordre par un rat, je porte plainte direct, vous êtes prévenus).

Lolita :

  • Racheter un téléphone portable qui capte en toute situation (marécage souterrain) sans avoir à se coller la tête contre mon beau bureau ikéa (qui porte désormais la trace de son profil, frange comprise)
  • Lutter contre cette obsession qui consiste à croire que toute personne se trouvant derrière elle matte ses sous-vêtements dépassant de son futal.
  • Racheter de nouvelles culottes car la on les connait toutes, ça commence à devenir lassant (on vendra les anciennes sur ebay, y’a quelqu’un d’intéressé ?).

Bon sinon, on pense à changer un peu la navigation sur notre site, donc petit sondage pour nos chers lecteurs (dont notre fidèle mammifère à poil spécialiste d’Internet) : Qu’est ce que vous pensez du site et de la façon dont sont organisé les différentes rubriques : Todo Loco, Pandora, les chroniques etc etc ? Comment faites-vous pour connaître les dernières chroniques postées sur le site vu qu’elles n’apparaissent pas directement en page d’accueil ?

Sur ce bonne année quand même à vous bande de loque et dégobillez pas partout du fois gras, car c’est Manox qui est de corvée de chiotte en 2007.

Résolutions résolument irréalisables…Ah bon ?

En 2007 j’arrête de fumer. Ça fait trois jours et je tiens, je suis une bête ultime de volonté ! J’ai décidé de prendre le taureau par les cornes (j’en connais un ou deux que j’aimerais tout simplement envoyer à l’abattoir…)-donc, par les cornes, et de ne plus toucher une clope de ma vie. Bon ok, j’ai le droit d’en toucher, juste un peu, comme ça du bout des doigts, et même de la renifler, pour sentir que je pourrais la fumer si je n’avais aucune volonté mais que je ne le ferai pas… Enfin, j’espère !

En 2007 j’apprends à avoir de la volonté ! Je vais devenir un monstre de droiture. Je vais aller courir au parc Montsouris, pour que le jogging et les baskets immondes que mon ex m’a poussé à acheter servent à quelque chose. Et à chaque foulée je défoulerai ma colère et ma tristesse de n’avoir pas réussi a faire durer ma plus belle histoire d’amour. Oui, parce que l’amour est une saleté de dope dont on ne peut pas se passer, je vais devenir sportive, je vais muscler mon cerveau, mes mollets et mes biscotos pour que mon dessinateur ne puisse plus me traiter de p’tite tête et me dire que mes bras de mouche se casseraient en deux secondes sous sa poigne Herculéenne. (Tu parles !)
 
Mes copines m’ont dit : « 2007 l’année du sexe » (c’était pas, soi-disant, déjà en 2006 ?) mais moi je dis, « 2007 l’année du boulo ! » Cette année je vais écrire tous les jours. Même si c’est pour dire « j’ai le nez qui coule, tiens mes voisins se gueulent encore dessus, j’ai envie de fumer mais je ne fumerai pas, dis donc c’est pas une rupture d’anévrisme qui me pousse dans l’oreille ?» - même pour raconter ma vie supra-intéressante sur ce Sblorf, j’écrirai. Et peut-être même que je vais réussir à terminer mes deux foutus chapitres et mettre un point final (décidément, c’est la saison) au « Cauchemar de l’Hermine ».

C’est décidé, en 2007 je gagne ma vie ! Jusqu’à maintenant j’avais fait bien attention à ne JAMAIS travailler en étant payée. Faut y’aller doucement avec l’indépendance hein, surtout pas se lancer dans cette galère sans réfléchir. Regardez la société, elle se presse pas elle non plus. Elle veut bien que les artistes créent mais sans trop les rémunérer… Faut pas pousser, on n’est pas nécessaires et on ne fait pas des « vrais » métiers quand même… Donc, cette année je vais doucement pas vite me créer un statu et me diriger vers une sorte d’indépendance financière : je vais essayer de vivre de l’écriture !! Youhouou !! Mazeltov ! Alléluia ! Elle a vu Bouddha ! Et peut-être même vivre de la BD ! Yiiihah ! Jésus is alive and he poops on you !

En 2007, je sais pas vous, mais moi je serai parfaite.

C’est énervant hein ?

Et vous ? En 2007 vous serez quoi ?

“Les Français sont sales, les Anglais sont snobs, les Allemands sont rigides…” et la connerie est universelle.

Il se passe de drôles de phénomènes dans les rues de Londres…

En me baladant j’ai croisé des visages souriants, en payant mes cadeaux de noël dans les boutiques, on m’a offert des trucs même pas gratuits (bon ok, c’était des porte-clefs en poulet mou avec un œuf dégueu qui lui sort du cul, mais quand même, un cadeau c’est un cadeau, surtout que j’avais flashé dessus), en essayant de me faire comprendre par mon chauffeur de taxi, dans un anglais à l’accent à couper au hachoir (pas « dedans » un Anglais, « avec » mon Anglais…) et ben il est resté super patient, il ne m’a pas gueulé dessus et m’a même souhaité Happy Christmas…..

Mais que se passe-t-il en Angleterre : les gens sont-ils gentils ?!! On est en Europe pourtant… et vraiment pas loin de Paris. Y’a kekchose qui cloche…

  Est-ce que je me suis habituée à me faire postillonner dessus par des petites vieilles sous Lexomyl qui trouvent que la jeunesse est mal élevée parce qu’on a des franges et qu’on ne se laisse pas lécher la joue par leur caniche à l’allène de pâté agrémenté d’anti-mite ?
  Suis-je habituée aux conducteurs de bus qui  me vrillent les tympans avec leurs gros klaxons quand ils doublent mon scooter en faisant bien attention d’en arracher l’aile gauche et un bout de ma rotule ?
  Suis-je habituée à la déprime générale, la morosité qui plane sur Panam ? (t’as vu Manu, j’dis « Panam » comme les Rappers ;), aux gens d’un « age âgé » qui peuvent même plus se payer un studio à Paris parce que l’ augmentation des loyers est proportionnelle à celle des névroses ? 

Nous sommes-nous tous habitués, mine de rien, à la vie en gris ?
Et est-ce que l’Angleterre est le nouveau Disneyland ? 

J’entends d’ici les cris de protestation de ceux qui vivent dans le sud  de la France, ou dans le nord, ou en Bretagne, ou… Bref, de tous ceux qui ne vivent pas à Paris ! Je sais, il paraît qu’il reste des coins pépères, des havres de verdure et même des gens GENTILS, mais où sont-ils Holly Shit ?!

La vraie question c’est : est-ce qu’on aimerait vivre à Disneyland et manger des barbe-à-papa à tous les repas en souriant à des gens qui nous sourient de leurs dentiers Email Diamant ?

Moi je suis sûre que les ronchons, les bougons, les scènes de famille à l’italienne, les après-midi polluées au jardin des plantes, les réconciliations musclées, le bordel parisien et même les chauffeurs de bus avec ma rotule écrasée sur leur pare choque, oui, je suis sûre que tout ça me manquerait grave.

Alors non à Disneyland. Mais je revenira en Angleterre !